jeudi 4 mars 2021
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L’engagement au service du client : pourquoi et comment ?

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satisfaction client
satisfaction client
La « satisfaction client » est bien davantage qu’une expression marketing sonnant un peu creux : ce doit être le Graal de tout entrepreneur qui se respecte ! Car un client satisfait, c’est une la promesse d’un partenariat durable. Même si rien n’est jamais acquis en matière de fidélité, certaines pratiques permettent de construire, sur le long terme, une relation privilégiée prestataire-client, fondée sur un engagement sans faille de la part du chef d’entreprise ou du directeur commercial mais aussi de toutes les équipes.  
Jean-Philippe Porcheron, président-fondateur de Hestia Transports, dans le Rhône, va même jusqu’à parler de « désir » pour évoquer l’état d’esprit qui prédomine dans sa relation client : « Nous nous considérons comme des professionnels du désir, des désirs de nos clients, de nos partenaires et de nos fournisseurs », affirme ce chef d’entreprise de 55 ans. Riche de 30 ans d’expérience dans le secteur, il a créé en 2016 sa société spécialisée dans la commission de transport à un moment où « il avait surtout besoin de retrouver des valeurs qui soient plus basées sur l’humain que sur le financier ». Une posture qui ne porte pas préjudice aux affaires, bien au contraire. Car l’écoute active et sincère est l’un des piliers de l’engagement au service de la relation client. Rien de tel pour saisir les besoins du client et apporter une réponse adaptée en fonction de ses spécificités.
Jean-Philippe Porcheron explique ainsi sa démarche : « Lorsque l’on appelle un client, ce n’est que du commerce. Si, en plus, on y ajoute de l’humain et du plaisir à communiquer, c’est là qu’on affirme notre différence. » La méthode est d’autant plus pertinente que la commission de transport impose de faire du sur-mesure pour élaborer un cahier des charges qui « colle » aux besoins. 
L’engagement permanent au service du client doit perdurer, jusqu’à la finalisation de la mission ou du contrat. Rester à l’écoute, informer, s’adapter, proposer sont les maitres-mots d’une collaboration réussie. Chez Hestia Transports, l’offre est très diversifiée en raison du caractère segmenté du marché. C’est pourquoi le client, quelle que soit sa demande, reste informé tout au long du transport de la marchandise qu’il a confiée à l’entreprise. Une proximité et un souci du détail qui font le succès de l’entreprise, selon son dirigeant.
La satisfaction client ne doit pas reposer sur les épaules d’un seul homme ou d’une seule femme, le/la dirigeant(e) le plus souvent.
Le développement d’une culture client en interne est nécessaire. Auprès de ses collaborateurs, Jean-Philippe Porcheron promeut « la bienveillance, l’engagement, la performance. J’ai la chance d’avoir une équipe qui adhère à ces valeurs et les pratique au quotidien ». En matière de gouvernance également, le fonctionnement participatif est privilégié pour toute prise de décision ou tout arbitrage.
Ce mode de fonctionnement permet de parler de façon cohérente et sur un même mode au client. Ce qui développe une relation de confiance, nécessaire à la fidélisation. Au point d’être un modèle à suivre ? Jean-Philippe Porcheron se rappelle encore ce client qui lui a confié avoir revu tous les contrats de ses fournisseurs à l’aune du niveau d’exigence d’Hestia Transports.
Se reposer sur ses lauriers est la tentation à éviter pour conserver une relation riche et durable avec ses clients. Pour cela il faut innover, proposer de nouveaux produits ou services. Hestia Transports l’a bien compris, qui travaille actuellement à densifier son offre (communication fluidifiée, pôle opérationnel renforcé, projets concernant la route). Objectif : « avoir plusieurs métiers et pouvoir proposer à chaque client une palette de services qui répondent à l’intégralité de ses besoins », explique le président de la société. Une nouvelle étape, sans doute, vers un engagement au service du client encore plus affirmé.

Hestia Transports : le fret tout-terrain

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Jean-Philippe Porcheron, ceo Hestia Transports
Jean-Philippe Porcheron, ceo Hestia Transports

Portrait Hestia Transports  – Société de commission de transport #rhone

Créée le 1er janvier 2016 par Jean-Philippe Porcheron et installée à Saint-Symphorien-d’Ozon, l’entreprise Hestia Transports est spécialisée dans une activité peu connue du grand public : elle pratique la commission de transport, « à l’image d’un courtier, tout simplement », résume son président-fondateur de 55 ans. Commercial de formation, il est « tombé amoureux de ce métier si particulier » dans lequel il affiche aujourd’hui plus de 30 ans d’expérience. « Arrivé à la cinquantaine, le besoin de créer Hestia Transports a été le plus fort. Je crois que j’avais surtout besoin de retrouver des valeurs qui soient plus basées sur l’humain que sur le financier », explique-t-il aujourd’hui.
Concrètement, le commissionnaire est un intermédiaire qui se charge d’organiser, en son nom propre mais pour le compte d’un expéditeur, un transport de marchandises moyennant un prix convenu avec cet expéditeur. Chargeurs, industriels, négociants, commerçants… les clients d’Hestia Transports sont des entreprises de toutes tailles, de la TPE/PME aux grands groupes internationaux. Son métier : « apporter à nos clients une réponse technique et tarifaire à leur besoin de transports de marchandises quel qu’il soit, des marchandises qu’ils doivent acheminer à leurs propres clients en France, en Europe ou à l’international. » Hestia Transports organise la logistique de (presque) tous les genres de fret, à l’exclusion des matières radioactives et de ce qui doit être sous température dirigée. 

Un haut niveau d’expertise et d’engagement

Le marché du transport est diversifié et assez segmenté, du petit colis jusqu’aux transports exceptionnels en passant par les très gros volumes. Si Hestia Transports se positionne sur le middle-segment, le groupe mise sur l’adaptabilité et le sur-mesure. « Nous nous différencions sur notre marché par notre niveau d’expertise et l’engagement de chacune des composantes d’Hestia Transports dans la satisfaction globale du client », explique Jean-Philippe Porcheron, précisant que l’obligation déontologique de conseil impose de toujours proposer au client la solution la mieux adaptée à la réalisation du cahier des charges.
Tous les modes de transport peuvent être engagés : avions, bateaux, camions de type poids-lourds, semi-remorque, bâché ou carrossé, plateau ou surbaissé, avec hayon élévateur ou chariot embarqué, bras grue, etc. Il est également possible de mobiliser toute la technicité que le client souhaite, par exemple : livraisons à heures fixes avec remise en mains propres ; en zone industrielle ou en plein cœur de ville, y compris la nuit ; avec équipes de manutentions en livraison, voire conditionnement ou déconditionnement en points de livraison ou de chargement. « On fait beaucoup de choses et on est capable de beaucoup de choses », résume-t-il.
La communication est essentielle : à chaque étape du transport le client est informé, jusqu’à la livraison de la marchandise au destinataire. Une proximité qui fait le succès de l’entreprise, selon son dirigeant : « Lorsque l’on appelle un client, ce n’est pas que du commerce. Si, en plus, on y ajoute de l’humain et du plaisir à communiquer, c’est ce qui fait aujourd’hui la différence. C’est en cela que nous nous différencions de nos confrères. » Jean-Philippe Porcheron n’oublie pas que la qualité du travail d’Hestia Transports repose aussi sur celle de son réseau de partenaires transporteurs, français et européens : « Nous avons noué des relations privilégiées. En les aidant à remplir leur camion et à réduire les kilomètres à vide, nous participons activement à réduire les émissions de CO²»

« Nous nous considérons comme des professionnels du désir »

Hestia Transports entend aussi marquer sa différence en matière de gouvernance. Le fonctionnement participatif est privilégié en interne. Le dirigeant décline les valeurs qui fondent le modèle de l’entreprise : la bienveillance, l’engagement, la performance. « J’ai la chance d’avoir une équipe qui adhère à ces valeurs et les pratique au quotidien », se réjouit-il.
« Toute décision chez Hestia est prise de façon collégiale, à l’unanimité. S’il n’y a pas unanimité, il y a obligation de revoir le sujet, y compris si c’est moi l’initiateur », explique le chef d’entreprise. Parfois, sur des sujets comme la réglementation ou les finances, le dirigeant doit trancher. « Mais je me dois d’expliquer aux salariés pourquoi cette décision sera prise afin de les faire monter en compétence, en connaissance, et obtenir leur adhésion. » 
La confiance de ses collaborateurs a de la valeur pour Jean-Philippe Porcheron. Tout comme celle, renouvelée, de ses clients et de ses confrères, « qui nous donnent souvent la priorité sur les métrages de transport à charger pour nos clients ». Le président se rappelle encore ce client qui lui a confié avoir revu tous les contrats de ses fournisseurs à l’aune du niveau d’exigence d’Hestia Transports. « Je dois dire que cela fait vraiment plaisir, commente-t-il. Nous nous considérons comme des professionnels du désir, des désirs de nos clients, de nos partenaires et de nos fournisseurs. » 

Booster la communication, développer une palette de services

Dans ce contexte, le dirigeant d’Hestia Transports a identifié, à court et moyen termes, des points d’amélioration et de développement. Tout d’abord, le changement d’outil informatique opérationnel afin de capitaliser sur la communication et la fluidité de cette communication. Ensuite, le renforcement du pôle opérationnel d’Hestia Transports. Enfin, deux autres projets concernent la route. M. Porcheron explique : « Il va nous falloir nos propres camions et nous installer dans nos propres murs afin d’accompagner la croissance et le développement d’Hestia Transports. Le but étant d’avoir plusieurs métiers et de pouvoir proposer à chaque client une palette de services qui répondent à l’intégralité de ses besoins (stockage, préparation de commandes, transport amont/aval…). »
Les projets ne manquent pas et contribueront sans doute à ce bien-être personnel et professionnel que le dirigeant revendique comme un mantra : « Ce qui me passionne dans la vie, c’est de rendre les autres heureux. Et ce fameux plaisir de l’autre s’obtient par l’accord parfait entre tous. Avoir une vie privée riche, rendre son épouse heureuse, avoir une vie professionnelle passionnante et trépidante, avoir des collaborateurs heureux. Quand il y a du plaisir, on obtient ce que j’appelle le point d’équilibre qui permet d’avoir soi-même une belle vie.
Selon Jean-Philippe Porcheron, chez Hestia Transports, ce sont des professionnels du désir.

Hestia Transports, Z.I. Le Pontet – 2, rue Jean-Macé 69360 Saint-Symphorien-d’Ozon.
Tel. : +33 (0)4 78 25 45 89 / contact@hestia-transports.com

Interview vidéo

RETRANSCRIPTION INTERVIEW

Ton parcours 
Jean-Philippe Porcheron, j’ai 55 ans, je suis le président-fondateur de la société Hestia Transports. Hestia Transports est une belle aventure que nous avons démarrée le 1er janvier 2016.
 J’ai commencé à 20 ans par des études classiques de commerce et je suis tombé par hasard dans le transport, en intégrant de grands groupes. Je suis tombé fou amoureux de ce métier. Au cours des trente ans qui viennent de s’écouler, j’ai réussi à gravir quelques échelons, modestement. Arrivé à la cinquantaine, l’envie a été plus que forte de créer cette société et d’apporter le niveau de qualité que je souhaitais pour les clients et cet ADN familial que je voulais en interne.

Quelles sont les activités de Hestia Transports

Hestia Transports est un pur commissionnaire de transport, et à ce titre nous achetons et vendons du transport pour nos clients. Nos clients sont de toute taille, ce peut être des TPE, des PME, voire de grands groupes. Ces clients nous soumettent des cahiers des charges pour des transports particuliers et nous allons mettre, en face de ce cahier des charges, tous les moyens pour réussir la mission.
Ce qui va nous différencier par rapport à nos confrères sur notre marché, c’est notre réactivité, notre rapidité de réponse, notre proximité avec eux, le suivi de toute la mission avec cette remontée d’informations, en temps et en heure, et à chaque étape du transport jusqu’à la livraison finale.
Pour vous donner un exemple, on travaille pour l’un des cinq plus grands groupes mondiaux d’informatique et nous venons d’être renouvelés pour l’année 2021. Lors de la conclusion de cet appel d’offres – si on peut appeler cela comme cela -, on s’est entendu dire que nous étions un vrai bonheur pour eux. À la question « c’est quoi être un vrai bonheur ? », ils nous ont précisé que nous devancions tous leurs désirs. Ils nous donnaient un dossier brut, on s’occupait de tout, y compris de la coordination, des prises de contact les uns avec les autres pour que tout se passe bien et qu’on leur remontait toute cette information. Si on peut caractériser Hestia : nous sommes les professionnels du désir de nos clients et chaque acteur d’Hestia Transports en est un. 

Combien êtes-vous chez Hestia Transports ?

Chez Hestia Transports, nous sommes six : trois aux opérations – nous trouverons Jérôme, Olivier et Nicolas -, deux au commerce avec Jean-Baptiste et Patrick, et moi-même pour la partie finances, administration, gestion.
Ce qui caractérise l’équipe Hestia, c’est la bienveillance, l’amour du travail bien fait, le professionnalisme et le relationnel. Nous partons du principe que tout n’est que commerce et que plus nous communiquons avec nos clients, plus nous leur remontons d’informations, meilleurs nous serons professionnellement et plus nous serons appréciés. C’est ce qui se passe au quotidien avec eux. On dit ce que l’on fait, on fait ce que l’on dit. Chacun chez Hestia est autonome, a une action, un job à faire mais tout le monde s’articule avec cet ADN familial qui fait que tout le monde est bienveillant les uns envers les autres et que tout le monde se fait confiance.

Les Valeurs de Hestia Transports 

Les valeurs d’Hestia Transports sont essentiellement des valeurs humaines, de bienveillance, de performance et d’engagement. J’ai la très grande chance d’avoir une équipe qui y adhère et qui pratique ces valeurs au quotidien. Notre mode de management est un mode de management participatif et collégial. Nous décidons ensemble de tous les projets qui doivent rentrer dans les tuyaux pour le développement et le bien-être d’Hestia. Si un projet ne recueille pas l’unanimité des membres de l’équipe, nous revoyons le projet ou nous en changeons. C’est la règle que j’ai voulue chez Hestia et c’est la route que nous traçons pour l’avenir d’Hestia Transports. 

Les récompenses depuis la création

Hestia Transports n’a jamais eu de récompense ni de trophée officiels. Et à la limite, cela ne nous intéresse pas. Par contre, nous avons trois récompenses quotidiennes, ce sont celles-ci qui ont de la valeur à nos yeux.
La première me concerne directement, ce sont celles de tous les membres de l’équipe qui me font confiance et qui m’appuient dans tout ce que nous sommes en train d’entreprendre pour continuer cette belle aventure et cette expansion à venir.
Nous avons ensuite une deuxième récompense, c’est celle de nos clients qui, une fois qu’ils ont goûté à l’équipe et à notre service, n’ont plus envie de partir, ou très rarement.
Il y en a une troisième, ce sont nos partenaires, nos partenaires transporteurs avec lesquels nous travaillons, grâce à eux nous réalisons ce service auprès de nos clients, ils nous accordent aux aussi cette confiance et, très souvent, la priorité sur les métrages qui restent disponibles en chargement.
Un petit exemple concret, pour illustrer cela : nous étions dernièrement chez l’un de nos clients, pas le plus gros mais l’un de ceux que nous affectionnons particulièrement, avec lequel nous travaillons depuis un an. Nous faisions ce point fin d’année-début d’année et à la fin de l’entretien, il nous a avoué que c’était un vrai bonheur de travailler avec Hestia. Quand, à lui aussi, on a posé la question « en quoi est-ce un vrai bonheur ? », il a dit tout simplement que le niveau de service que vous nous apportez, ce retour d’informations et cette communication nous ont obligés à dénoncer tous les contrats de vos confrères et à les resélectionner en mettant maintenant un niveau d’exigence qui soit au niveau de ce que Hestia nous apporte. Je dois dire que cela fait vraiment plaisir.

Les projets de Hestia Transports

L’équipe d’Hestia Transports et moi-même avons plusieurs projets à court et moyen termes. Le premier et le plus immédiat est un changement d’outil opérationnel informatique et le but de ce nouvel outil est de capitaliser sur la communication et la fluidité de cette communication.
Le deuxième projet est l’arrivée prochaine d’un nouvel opérateur afin de renforcer le pôle opérationnel d’Hestia Transports.
Ensuite, deux autres projets qui vont arriver très prochainement, c’est la route. Il va nous falloir nos propres camions, et nous installer dans nos propres murs afin d’accompagner cette croissance et ce développement d’Hestia Transports. Le but étant d’avoir bien entendu plusieurs métiers et de pouvoir proposer à chaque client une palette de services qui répondent à l’intégralité de ses besoins. Voilà le court et le moyen termes.

Ce qui me passionne dans la vie,

C’est de rendre les autres heureux. Et ce fameux plaisir de l’autre s’obtient par l’accord parfait entre tous. Avoir une vie privée riche, rendre son épouse heureuse, avoir une vie professionnelle passionnante et trépidante, avoir des collaborateurs heureux. S’ils sont heureux, ils viennent au boulot heureux et ils donnent du plaisir au client. Quand il y a du plaisir, il y a une augmentation du travail bien fait et là on obtient ce que j’appelle le poids d’équilibre qui permet d’avoir soi-même une belle vie.
 Pour résumer l’action d’Hestia Transports et la mienne : on est les professionnels du désir.

Former ses équipes : un enjeu économique et humain

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Frank Petitdemange et Guillaume Cochet invité Managers actuels BFM Lyon
Frank Petitdemange et Guillaume Cochet invité Managers actuels BFM Lyon
Coaching #management Managers Actuels BFM Lyon 
La formation de ses équipes fait partie intégrante du rôle fondamental d’un manager. En effet, face aux évolutions rapides de notre économie et du monde du travail, les besoins en compétences des entreprises ne cessent d’évoluer. Et il est aujourd’hui admis que les générations futures exerceront des professions qui n’existent pas encore, par exemple dans les secteurs du numérique ou de l’économie collaborative.
Dans ce contexte, comment ne pas percevoir la formation des collaborateurs comme un investissement à long terme plutôt qu’une charge et/ou une perte de temps ?
Changer de posture est aujourd’hui une nécessité alors que, selon des chiffres 2017 du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq), 68 % des employés expriment leur souhait de se former, dont 65 % cherchent un avancement et de nouvelles responsabilités à travers la formation et 81 % considèrent qu’elle est un vecteur d’évolution de leur activité. Dans la même enquête, on apprend par ailleurs qu’un quart des salariés des plus petites entreprises a bénéficié d’une formation en 2015, contre 63 % dans les entreprises de plus de 500 personnes. Il reste un important travail à mener pour mettre fin aux inégalités entre petites et grandes entreprises, et faciliter l’accès à la formation pour tous.

Savoir-faire et quotient émotionnel

La formation est un réel levier de croissance car elle valorise les équipes et développe la confiance. Une dimension humaine que défend dès le recrutement Guillaume Cochet, dirigeant de l’agence Cochet – Axa à Lyon, en évoquant « le CV citoyen (*), un outil de valorisation des compétences acquises lors du parcours bénévole ». « On parle alors de compétences professionnelles mais aussi du quotient émotionnel du futur collaborateur, son expérience dans sa vie personnelle, sa vie associative.
Ce CV citoyen nous permet d’appréhender un savoir-être qui devient prioritaire dans l’entreprise : le collaborateur ne recherche plus la seule production économique mais veut être dans la construction sociale avec ses collègues, ses fournisseurs, ses clients », développe le chef d’entreprise. Une fois dans l’entreprise, le collaborateur pourra bénéficier de formation(s) pour améliorer ses savoir-faire. « La formation permet de professionnaliser ses collaborateurs, d’avoir des compétences qui montent en puissance et par-delà un management technique plus performant », ajoute Guillaume Cochet. Elle est aussi un moyen de faire connaître et partager une culture d’entreprise.
Pour le directeur régional (ARA) du groupe Actual, l’enjeu de la formation est double en raison de l’activité du groupe (emploi et intérim) : « Il y a deux volets : interne, avec la formation de nos collaborateurs et externe, avec celle des demandeurs d’emploi. Sur le marché du travail, on constate aujourd’hui que des entreprises ne trouvent pas leur main-d’œuvre et que, de l’autre côté, des demandeurs d’emploi ont du mal à se faire recruter… En règle générale, le problème est que les personnes ne sont pas formées aux besoins du marché », explique Frank Petitdemange.
Il souligne également « des dissonances en matière de formation », en particulier sur la question du « savoir-être ». Les perceptions du monde du travail diffèrent parfois et le rôle d’Actual est d’accompagner à la fois les demandeurs d’emploi et les managers permanents « afin que la perception et l’envie de travailler se rejoignent. Je parle ici de management horizontal par rapport au management pyramidal », précise le directeur régional.

Adhésion = motivation

Guillaume Cochet est en phase avec cette notion de management plus collaboratif. Il défend le coaching comme une méthode qui fait ses preuves car elle est connectée à l’époque et propose du sur-mesure : « Le coaching est incontournable aujourd’hui car il permet de construire une relation particulière avec ses collaborateurs et d’obtenir leur adhésion à la stratégie de l’entreprise. Et l’adhésion, par définition, augmente la motivation. »
Frank Petitdemange rappelle lui aussi la nécessité de « faire adhérer les collaborateurs au projet de l’entreprise et, pour cela, la casquette “manager-coach” est une approche ». Tout en apportant la précision suivante, à propos de l’engagement du salarié dans son choix de formation, qui doit être réel : « La difficulté dont il faut avoir conscience, c’est que cette démarche doit être faite avec des collaborateurs qui sont responsables et qui ont envie de le faire. Si les gens prennent plaisir chaque jour dans ce qu’ils font, cela fait grandir l’entreprise, économiquement aussi ! »
(*) Le « CV citoyen » a été lancé en 2017 par la Jeune Chambre économique française, une association composée de plus de 3 000 bénévoles âgés de 18 à 40 ans et qui agit pour l’insertion économique et citoyenne de la jeunesse. www.jcef.asso.fr
Retour sur l’émission de BFM Lyon : Manager & former

Upcycling Festival, une mine d’idées et de solutions sur le réémploi de matériaux de récupération

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Laurianne Tribet & Linda Ecalle & Sarah Guilemin_Upcycling festival
Laurianne Tribet & Linda Ecalle & Sarah Guilemin_Upcycling festival
#upcyclingFestival
L’Isle-sur-la-Sorgue accueillait la première édition de l’Upcycling Festival, au sein du Village des Antiquaires de la Gare, du 23 au 25 octobre. Dans un espace dédié de 700 m2, 22 exposants, artistes et artisans, présentaient leur travail dans divers domaines : art, décoration, mode ou design. Leur point commun : le surcyclage, soit la réutilisation de matériaux, sans transformation, pour les détourner dans leur destination première et leur donner une valeur supplémentaire. En parallèle, les conférences ont permis aux intervenants de développer plusieurs thématiques.
Invitée de marque de cette première édition de l’Upcycling Festival, Brune Poirson, ancienne secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire et députée du Vaucluse, a présenté ses combats, et notamment la loi anti-gaspillage et pour l’économie circulaire. “La première conséquence est la fin des emballages plastiques jetables. Les entreprises de la restauration rapide ou à emporter vont devoir s’organiser : soit les clients apportent leur propre contenant, soit l’entreprise propose une consigne d’emballages réutilisables.
Ce n’est pas facile de changer nos habitudes mais nous devons responsabiliser les consommateurs et les industriels doivent les accompagner. L’autre orientation, c’est le recyclage des plastiques. Nous devons éliminer les résines mais aussi les plastiques noirs, qui ne sont pas recyclés. Recycler tous les plastiques permettrait d’éviter l’équivalent en CO2 de 4 centrales à charbon françaises.”

Des initiatives vertueuses dans le Vaucluse

Plus globalement, les filières de recyclage représentent un gisement de 300 000 emplois. “Une tonne de déchets recyclés représente 10 fois plus d’emplois, forcément locaux et non délocalisables, qui peuvent concerner toutes les catégories socio-professionnelles, poursuit la députée. Cela permet en plus de tendre vers l’indépendance en approvisionnement de la France, puisque recycler aboutit à récolter des métaux rares. Enfin, la loi va permettre 500 millions d’euros d’économies par an pour les collectivités.”
Les collectivités qui sont en première ligne dans la gestion des déchets, comme l’explique Pierre Gonzalves, maire de L’Isle-sur-la-Sorgue. “Toutes les villes sont confrontées à la problématique des déchets et on sait qu’ils coûtent de plus en plus cher à traiter et à revaloriser. Les opérateurs de la filière nous l’expriment aussi. Donc il est grand temps de trouver des solutions qui soient alternatives, créatrices de valeur ajoutée mais aussi porteuses de sens pour nous habitants des territoires. Il y a plusieurs initiatives déjà engagées. La question du tri des mégots par exemple renvoie aussi à la pollution des cours d’eau, puisqu’une fois passés par les eaux pluviales, ces mégots arriveront tôt ou tard dans notre belle Sorgue.”
Les initiatives vertueuses existent dans le Vaucluse, comme l’unité de méthanisation d’Avignon ou l’entreprise Aptunion qui produit du gaz à partir de l’eau sucrée de son usine de fruits confits.

Des cuirs à base de peaux de…. poissons

Outre l’industrie, d’autres secteurs réfléchissent à des solutions éco-responsables. Au premier rang desquels le textile, réputé particulièrement polluant. “C’est peut-être vrai ailleurs mais pas en Europe, explique Pierric Chalvin, directeur d’Unitex, qui fédère 600 entreprises du textile en Auvergne Rhône-Alpes. Et il ne faut pas oublier que la France impose des normes socio-environnementales très contraignantes”.
La filière mène cette réflexion depuis de nombreuses années : que faire du produit lorsqu’il arrive en fin de vie. Aujourd’hui, seulement 38% des vêtements non portés sont collectés, essentiellement via le Relais, Emmaüs et la Croix-Rouge. Une partie est recyclée, l’autre est revendue en seconde main à l’étranger, notamment en Afrique.
Mais la filière ne s’arrête pas là. Un pôle de compétitivité a ainsi vu le jour pour mener des programmes collaboratifs qui doivent faire émerger des projets innovants autour du recyclage et de la revalorisation des déchets de production ou de produits finis. Le centre européen des textiles innovants de Tourcoing accueille par ailleurs un démonstrateur semi-industriel permettant de recycler les fibres de coton. “Après la plasturgie, nous avons signé une convention avec la région Auvergne Rhône-Alpes afin de recenser les déchets industriels et étudier les manières de la valoriser. “
Plusieurs acteurs de la filière utilisent déjà le surcyclage comme mode de création. Est venu témoigner Jean-Louis Brun, dirigeant de la Manufacture Brun de Vian-Tiran basée à l’Isle-sur-la-Sorgue, qui lance une collection capsule d’accessoires confectionnés à partir de chutes de tissu, appelées chef de pièces. “Nous avons travaillé avec une styliste, qui a imaginé des combinaisons de coloris. Les chutes sont assemblées avec des rubans de mérinos, qui viennent de nos ateliers.” Tote bags, sacs, cache-pot ou étuis sont donc proposés à des prix abordables.
Plus original : des cuirs à partir de peaux de poissons. C’est le pari fou de Benjamin Malatrait et ses deux camarades d’école d’ingénieurs, fondateurs d’ICTYOS – Cuir marin de France, basée à Saint-Fons (Rhône). “C’est parti du constat que la peau du poisson était systématiquement jetée par les restaurateurs. Autant, sur une carte, on pouvait associer un cuir à chaque viande proposée, autant ça n’existe pas pour les poissons. Or on jette 50 000 tonnes de peau chaque année.”
Aujourd’hui, l’entreprise créée en 2016 propose des cuirs de saumon, esturgeon et carpe, devenant la première tannerie marine de France. Start-up du groupe LVMH, elle a été contactée par les plus grandes marques. “Nous sourçons en local, avec notamment les restaurants Sushis Shop de Lyon. Le process se fait avec des tanins végétaux durables.”

Aménager des bureaux avec des meubles de récupération

Autre domaine où le surcyclage a toute sa place : l’ameublement et l’aménagement d’espaces. C’est le but de la Nouvelle Mine, créée par Linda Ecalle en 2016 à Gréasque (Bouches-du-Rhône).
Plusieurs objectifs : récupérer des matériaux inutilisés puis travailler avec des entreprises et leurs salariés pour aménager des espaces collectifs selon leurs besoins. ”Il y a une longue phase d’échanges pour comprendre le besoin, puis nous créons les meubles avec les salariés. C’est important de les impliquer pour créer du lien, qu’il s’approprient les meubles. Et nous en profitons pour les sensibiliser au recyclage, au réemploi et revaloriser le savoir-faire manuel qui se perd”. Outre les entreprises, des collectivités, des associations font également appel à la Nouvelle Mine.
Autre lieu ressource, les Petites Choses – Ressources créatrices. Cette association de l’économie sociale et solidaire fondée par Claire Godiard et Linda Bendif à Avignon s’est donnée un triple objectif : constituer un éco-comptoir où chacun pourrait trouver des matériaux à utiliser dans ses projets, sensibiliser professionnels et particuliers aux vertus du réemploi, et être un espace d’échange de savoir-faire et de bonnes pratiques et d’expérimentation, avec prochainement une bricothèque avec du matériel à disposition.
Pour l’heure, les jeunes femmes débarrassent entreprises et structures de leurs déchets après un inventaire et en fonction des besoins qu’elles ont pu identifier par ailleurs sur le territoire : écoles, artistes, centres sociaux ou particuliers qui ont besoin de matériaux pas chers. “Nous n’avons pas les moyens de stocker. Donc ce que nous récupérons doit répondre à un besoin et circuler rapidement.” In fine, le but est de valoriser le surcyclage et le faire soi-même. “On intervient dans les résidences, on organise des ateliers parents-enfants pour sensibiliser au tri et à la réduction des déchets, favoriser les échanges et la transmission entre les générations pour faire advenir un nouveau mode de consommation.”

Fondation Emergences, le mécénat de compétences au service du vivre ensemble

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La Fondation Émergences
La Fondation Émergences

Fondation Émergences  Créée à Lyon

Fondée sous forme d’association en 2008 par Jean Brunet-Lecomte, alors dirigeant de la Banque Populaire du Rhône, puis devenue fondation en 2010, Emergence accompagne des porteurs de projets créateurs de lien social et d’emplois via le mécénat de compétences. Les dirigeants de 39 entreprises fondatrices – parmi lesquelles la Caisse d’Epargne, Groupama, Inseec, April, EDF ou Keolis – soutiennent la Fondation financièrement et opérationnellement et impliquent leurs entreprises et leurs collaborateurs. Une trentaine d’autres personnalités se sont engagées à titre individuel ou ont été choisies par la Fondation pour mettre leur savoir-faire entrepreneurial et leur expertise au service des porteurs de projets. 38 ont déjà abouti, 26 sont en cours. A ce jour, grâce à la Fondation Emergences, 360 emplois ont été créés ou consolidés. Surtout, les projets suivis affichent 92% de pérennité après 3 ans.

Des projets à vocation sociale ou sociétale

Les projets sélectionnés s’inscrivent dans des champs particuliers : égalité et mixité, insertion professionnelle, éducation, accessibilité culturelle et numérique, santé et handicap, alimentation et biodiversité. Ils respectent plusieurs critères : ils doivent répondre à un besoin nouveau ou mal couvert, avoir un modèle économique et financier viable, avoir une structure déjà opérationnelle, impliquer les équipes en interne dans l’élaboration du contenu et être implanté en région lyonnaise. “La raison d’être de la fondation, c’est le mieux-vivre ensemble, explique l’un des membres fondateurs, Jacques Chalvin. Après la sélection du dossier et le passage en commission, nous réalisons ce qu’on appelle une séance miroir, où les fondateurs écoutent le porteur de projet et le challengent pour voir si son projet tient la route et comporte bien une vocation sociale ou sociétale.”
Si le candidat passe cette étape, la fondation lui propose un parcours personnalisé et un parrainage pendant un an renouvelable. Les rencontres ont lieu 6 à 10 fois par an. Des moments collectifs animant la communauté et son réseau sont proposés plusieurs fois par an.

Un suivi individuel et collectif

Le parrainage met en oeuvre divers outils : un suivi individuel par des parrains pour travailler la stratégie globale mais aussi des domaines techniques particuliers (communication, juridique, RH, etc); des ateliers collectifs où un parrain répond à des besoins communs à plusieurs porteurs de projet et où ils peuvent échanger; la construction d’un réseau grâce aux nombreux partenaires de la Fondation, qui permet au porteur de faire grandir son projet et construire la solution la plus adaptée à la réalité des besoins. 
“C’est complètement à but non lucratif, c’est philanthrope, et c’est notre fierté, souligne Jacques Chalvin. On n’intervient pas au titre du capital des porteurs de projet. C’est du mécénat de compétences. C’est juste du temps qu’on donne à la société. C’est  souvent mieux que de l’argent sonnant et trébuchant. On apporte notre compétence, tout notre savoir-faire à un porteur de projet qui est souvent isolé, qui a besoin d’un avocat, de locaux, de conseils. On est très fier de la réussite de ces porteurs de projet.”

Un nouvel appel à projets

La Fondation a accompagné plusieurs projets : Ka’fête ô mômes, un café familial et une garderie périscolaire sensibilisant les enfants à un comportement responsable ; Opération Carbone Lycée, un site internet pédagogique permettant aux lycéens d’évaluer l’impact carbone de leur lycée ; Micro mondes, un festival des arts immersifs où les spectateurs s’impliquent avec leurs sens ; Soli.tv, une webTV innovante au service des acteurs de la solidarité locale et internationale, etc. 
La Fondation a lancé son appel à projets pour la fin 2020. Les personnes et entreprises intéressées peuvent remplir le dossier de candidature en ligne
Contact : Fondation Émergences

Tel : 0472775584 – 06 12 45 54 89

contact@fondation-emergences.fr

fondation-emergences.fr

Interview vidéo Jacques Chalvin

Jacques Chalvin : l’événement est son royaume !

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Jacques Chalvin, entrepreneur
Jacques Chalvin, entrepreneur

#portrait Jacques Chalvin – #paroleauchefentrepriselyon

Jacques Chalvin est l’un des grands noms du business de l’événementiel à Lyon. Et depuis peu au-delà des frontières de la région, lorsqu’il est devenu, début 2017, le nouveau propriétaire du Village des antiquaires de la Gare de L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. Et, par conséquent, l’organisateur pour les dix ans à venir de la renommée Foire Internationale qui se tient chaque année à Pâques dans le ce lieu unique qui regroupe cent antiquaires et brocanteurs.

Dans le contexte critique des crises sanitaire et économique, Jacques Chalvin a eu un petit coup de chance : fin octobre, à quelques jours du second reconfinement que connaissent actuellement les Français, il a lancé avec succès dans ce Village des antiquaires le premier festival international d’Upcycling, proposant des exposants, des conférences, des ateliers, des performances live.
Cette nouvelle aventure vauclusienne s’ajoute à la liste des affaires qui ont fait la réputation de celui qui affiche pas moins de « trente ans d’expérience dans le métier de l’événementiel ». Le Lyonnais de 57 ans compte quelques beaux sites parmi les lieux dont il a tenu les rênes, à des fonctions diverses : le Théâtre Mogador à Paris – recruté en 2007 en tant que directeur général, il a notamment développé la fonction événementielle du lieu -, les Puces du Canal à Villeurbanne – il en fut le président et associé de 2013 à 2015 -, ou encore Connaissance du Monde, une marque fondée en 1945 pour laquelle Jacques Chalvin a participé à la reconquête du grand public et des partenaires. Ses collaborations sont diverses, servies par un goût certain pour la prospection que Jacques Chalvin a cultivé dès les débuts de sa carrière professionnelle. Entré comme ingénieur des ventes chez Xerox à Lyon en 1988, il est désigné meilleur vendeur en France deux ans plus tard ! Sa carrière de négociateur est lancée…

Des Parcs à La Cimenterie

La fibre événementielle, Jacques Chalvin la travaillera au Parc des expositions (Eurexpo) puis au Palais des Congrès de Lyon dans lesquels il a occupé des fonctions de direction. Suivront Mogador, Connaissance du monde, les Puces du Canal. Entre-temps, Jacques Chalvin, par ailleurs président de la holding SAS Sponsio (160 k€ de capital), fait l’acquisition en 2008 du Double Mixte, un lieu hybride situé sur le campus de La Doua à Villeurbanne.
Le chef d’entreprise y organise encore aujourd’hui des salons grand public (Salons du tatouage, du mariage, des animaux de compagnie, du bien-être…), des événements d’entreprise, des soirées ou week-end festifs – le festival électro Reperkusound y pose ses platines depuis 14 ans -, et des concours administratifs. Afin d’assurer la meilleure rentabilité du Double Mixte, il explique que la programmation est conçue en fonction des segments de clientèle qui se complètent : « Quand il y a un concours en semaine, il y a un salon le week-end avec des concerts le samedi soir. »
Lyon n’est pas le centre du monde et il reste des territoires à défricher. La boussole de Jacques Chalvin a indiqué le nord en 2018, année où l’entrepreneur achète une friche industrielle à Albigny-sur-Saône, associé entre autres à Didier Caudard-Breille, président du groupe DCB International. Le projet à 10 millions d’euros baptisé Ma Cimenterie – « La Cimenterie éphémère » dans un premier temps – ouvre ses portes quelques mois plus tard, sous la forme d’un lieu qui accueille des événements culturels et festifs en extérieur, au cœur du Val de Saône présenté comme une zone de développement urbain et un secteur stratégique de l’agglomération. La requalification du site doit passer par l’installation d’une halle alimentaire, une galerie d’art, un espace de coworking, une salle de fitness…

« Agilité et souplesse »

La Covid a bouleversé l’économie en général et le secteur de l’événementiel en particulier. Les programmations de La Cimenterie éphémère (la saison 2 est en attente) et du Double Mixte sont à l’arrêt. Interrogé par Lyon People fin août, Jacques Chalvin affirmait toutefois « poursuivre les études de travaux du projet définitif de Ma Cimenterie avec une ouverture confirmée pour la saison 2022-2023 ». 
Jacques Chalvin défend un mode de fonctionnement fondé sur « l’agilité, la souplesse », salvatrices en temps de crise. À chaque projet, sa forme juridique, peut-on résumer : « En fonction de chaque lieu ou de chaque événement que l’on monte, très souvent l’on crée des sociétés spécifiques », nous explique Jacques Chalvin, dont l’activité ne se résume pas toutefois à la gestion de lieux. Également, il produit des événements (le salon Lyon Vintage) et propose de l’ingénierie événementielle à des collectivités, des entreprises, des fondations qui ont des projets dans la production ou la gestion d’un lieu.

Libérer, c’est manager

S’ils sont une poignée à travailler à plein temps auprès de Jacques Chalvin, on peut compter jusqu’à une centaine de collaborateurs selon les événements produits ou organisés. En tant que manager, le Lyonnais pratique « l’entreprise libérée ». Ce concept théorisé par les auteurs Isaac Getz et Brian M. Carney implique une hiérarchie peu, voire très peu, marquée et une autonomie importante laissée aux équipes pour gérer les affaires. « C’est assez atypique parce qu’il faut beaucoup déléguer, faire beaucoup confiance au collaborateur, à l’humain, mais c’est un peu ma conviction. Pour rien au monde je ne changerais ce mode de management », affirme Jacques Chalvin. La croyance en l’humain, l’exemplarité, la curiosité sont les valeurs qu’il affirme défendre dans son activité professionnelle.
S’il délègue volontiers, Jacques Chalvin n’en est pas moins un entrepreneur bien occupé. Ce qu’il aime faire à ses heures perdues ? Il hésite… il n’a pas d’heures perdues ! Comme tout un chacun, il apprécie d’avoir des moments pour « se ressourcer, marcher dans la nature ». Sportif, il a pratiqué le football, et exerce aujourd’hui la boxe et le golf. « Je trouve que le sport golf ressemble beaucoup à la vie d’un chef d’entreprise : il faut être très humble, il faut faire preuve de beaucoup d’audace mais aussi de prudence, on est à chaque fois au bord du précipice quand on perd la balle, mais on se relève toujours et on arrive à faire de très beaux scores », conclut-il. 

Interview vidéo

RETRANSCRIPTION INTERVIEW

« Je m’appelle Jacques Chalvin, j’ai 57 ans, je suis marié et j’ai deux filles. Depuis trente ans maintenant, je travaille dans le secteur de l’événementiel. Je suis chef d’entreprise, entrepreneur et dirigeant, j’ai créé mon activité il y a une quinzaine d’années. 
Je développe un certain nombre d’activités dans l’événementiel autour de trois volets principaux :
Le premier, c’est la gestion de lieux événementiels. L’un des plus connus est le Double Mixte, à Lyon, d’autres ont connu plus récemment La Cimenterie à Albigny-sur-Saône, et également un troisième lieu qui est le Village des Antiquaires de La Sorgue à L’Isle-sur-la-Sorgue dans le Vaucluse. Dans ces lieux, je gère avec des équipes l’animation, la programmation, l’accueil des clients, l’accueil du public, les travaux, la maintenance… toute la gestion d’un lieu événementiel.
Le deuxième volet de mon métier, c’est de produire des événements, en général dans les lieux que je gère. J’organise différents types d’événements, essentiellement des salons ou des événements professionnels – on peut citer le salon Lyon Vintage, les Foires internationales d’antiquité-brocante et toute la production qu’on a mise en œuvre à La Cimenterie en 2019. 
Le troisième volet de mon activité est l’ingénierie événementielle, j’apporte les compétences de mes trente ans d’expérience à des institutions, des fondations, des collectivités, des entreprises qui ont des projets dans la production, l’organisation, la gestion d’un lieu. J’apporte ce savoir-faire et cette sorte de transmission puisque cela fait trente ans que je suis dans ce métier de l’événementiel.
J’ai été longtemps salarié et, il y a douze ans, j’ai créé une société, puis une deuxième, puis une troisième… à tel point qu’aujourd’hui, j’ai plusieurs structures événementielles. Je gère une holding qui s’appelle Sponsio – qui n’est pas très connue -, mais, surtout, en fonction de chaque lieu ou de chaque événement que l’on monte, très souvent l’on crée des sociétés pour l’occasion. Je n’ai pas une société en tant que telle mais, selon les productions, les associés, nous créons les structures juridiques. Cela nous permet d’être plus agile, plus souple, et c’est ce qui nous a permis de passer le cap de cette crise du Covid. 
En 2008, j’ai eu l’opportunité de racheter cette salle qu’est le Double Mixte, en organisant un tour de table avec un certain nombre d’associés. Le Double Mixte est un lieu hybride qui est intéressant car il n’est pas seulement un palais des congrès ou un parc d’expositions. C’est un lieu qui a une trentaine d’années et qui offre l’opportunité d’être bien situé dans l’agglomération lyonnaise, c’est important, il est en centre-ville, bien desservi par les transports en commun.

On accueille 4 typologies d’événements, bien précises et bien complémentaires

La première, ce sont les salons, les salons grand public de cœur d’agglomération : Salon de l’étudiant, Salon du tatouage, Salon du mariage, Salon des animaux de compagnie, Salon du bien-être… tous les salons dits grand public qui se passent généralement le week-end et qui sont récurrents.
On accueille également des événements d’entreprise, ce qu’on appelle le BtoB ou le corporate, c’est-à-dire des conventions – on a accueilli l’Odyssée des entrepreneurs du Medef – et tout ce qui est rassemblement professionnel.
Le troisième segment est ce qu’on appelle le festif, assez connu dans la population jeune. Ce sont les concerts, principalement des événements comme le Reperkusound qui vient depuis 15 ans au Double Mixte, des soirées techno mais pas seulement, des soirées qui touchent aussi d’autres communautés, soit de danse, soit de musique.
Le dernier segment, ce sont les concours administratifs. C’est moins grand public, c’est moins sexy : ce sont des tables, des chaises et on accueille des administrations qui font passer des concours.

Le modèle économique du Double Mixte, finalement, est assez simple.

Il repose sur la complémentarité des dates. En fait, le Double Mixte est un lieu, et un lieu, c’est comme un hôtel ou un avion : si les dates ne sont pas occupées, si les dates ne sont pas vendues, c’est périssable et il n’y a plus de valeur. Donc, tout l’enjeu de l’activité de Double Mixte a été de mettre en place une programmation avec des cibles, des segments de clientèle qui se complètent. Quand il y a un concours en semaine, il y a un salon le week-end avec des concerts le samedi soir. Tout cela se complète de manière harmonieuse et fait ce qu’on appelle le yield. Le yield, comme l’on dit dans l’hôtellerie, fait qu’on optimise la capacité d’accueil des événements dans un lieu, et c’est ce qui nous permet d’avoir une rentabilité.

Les valeurs que je mets en avant dans mon activité et dans le développement de mes activités.

Je crois beaucoup à l’humain. Tout ce que j’ai pu entreprendre et réussir, c’est grâce à l’investissement qu’ont montré mes collaborateurs dans ce que j’ai entrepris. Donc, d’abord, la valeur humaine. 
Une deuxième valeur que j’apprécie beaucoup dans ce que je fais et chez les collaborateurs que je recrute, c’est l’exemplarité. Je ne vois pas comment on peut construire des entreprises, construire des réussites si on n’est pas exemplaire, si on ne montre pas l’exemple à des collaborateurs, des équipes, des sous-traitants, même à des clients qui viennent à notre rencontre. Voilà des valeurs que je mets beaucoup en avant.
Enfin, je dirais qu’il y a une dernière valeur importante, c’est celle de la curiosité. La curiosité est essentielle. Si on se cantonne à ce que l’on connaît, ce que l’on sait, si on ne sort pas de sa zone de confort comme on dit aujourd’hui, on a peu de chances d’arriver à passer les crises, à passer les étapes et à se développer.
Le niveau d’activité de l’ensemble de mes structures se situe autour de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires. Nous employons entre 5 et 6 personnes à temps plein et nous montons jusqu’à une centaine de personnes selon les événements et l’actualité de nos événements. 

J’ai un modèle de management très particulier, qui s’inspire d’un modèle théorique qui est « l’entreprise libérée ». C’est quoi ?

Je casse les hiérarchies et je fais entièrement confiance à mes collaborateurs. La confiance n’excluant pas le contrôle, je recherche des collaborateurs et je travaille avec des collaborateurs qui me sont très fidèles et qui apprécient cette autonomie, cette confiance déléguée. Ils sont responsables de leurs objectifs, de leurs agissements, on fait des points réguliers, mais ils travaillent en toute autonomie avec des modèles de centre de profit. C’est parce qu’ils sont autonomes, presque patrons de leur propre centre de profit d’un lieu ou d’un événement que cela fonctionne.
C’est assez atypique parce qu’il faut beaucoup déléguer, faire beaucoup confiance au collaborateur, à l’humain, mais c’est un peu ma conviction. Pour rien au monde je ne changerai ce mode de management. 
Ce qui me passionne dans la vie, c’est la rencontre humaine parce que c’est ce qui crée la richesse, ains que la découverte, la curiosité. Elles s’expriment à travers les projets – les projets professionnels, les projets privés, les voyages privés -, mais aussi essentiellement l’humain et tous les nouveaux challenges qui surviennent devant nous.

Les mots-clés qui pourraient résumer l’ensemble de mes activités

C’est bien évidemment la rencontre humaine puisque l’événementiel est au cœur de ce sujet. C’est l’empathie, c’est la curiosité, c’est la créativité. Je crois que c’est très important d’être créatif parc que l’on est curieux et l’on cherche des solutions en sortant des sentiers battus. J’ai horreur de l’aspect moutonnier d’un certain nombre de structures ou d’administrations, je crois que si on veut avancer, il faut casser les codes, il faut réfléchir, changer de paradigme, il faut se réinventer. Ce n’est pas une recette, c’est juste l’école de la vie. 

Qu’est-ce que je fais à mes heures perdues ?…

Je ne sais pas si j’ai des heures perdues (rires) ! J’essaie de me ressourcer dans le calme, dans la nature, j’aime beaucoup marcher, je joue avec des amis au golf. Je trouve que c’est un sport qui ressemble beaucoup à la vie d’un chef d’entreprise : il faut être très humble, il faut faire preuve de beaucoup d’audace mais aussi de prudence, on est à chaque fois au bord du précipice quand on perd la balle mais on se relève toujours et on arrive à faire de très beaux scores. C’est un peu à l’image de la vie de l’entrepreneur, ce sport golf. Avant je jouais au football, un sport collectif, je fais de la boxe également. C’est important de ne pas vivre uniquement et seulement pour son travail. 

Mon projet à moyen/long terme est d’arriver à transmettre le savoir que j’ai reçu à mes collaborateurs, et à mes enfants bien sûr.

En synthèse, la vie d’un entrepreneur, quel que soit le secteur d’activité, est passionnante, elle est aussi remplie de difficultés. Mais du surpassement de ces difficultés naissent la richesse et le bonheur qu’on ressent quand on passe des caps, on passe des étapes et qu’on avance dans la vie. »

Thomas Laborey, artisan du « management innovant »

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Thomas Laborey, ceo Thomas Laborey
Thomas Laborey, ceo Thomas Laborey

Portrait  Blooming Partners

Réinventer leurs modèles de fonctionnement, c’est le défi que doivent relever les entreprises d’aujourd’hui. Confrontées à des disruptions permanentes ayant un impact très fort sur le business, les structures, quels que soient la taille et le domaine d’activité, naviguent parfois à vue entre révolutions technologiques et mutations sociologiques profondes. En effet, le monde des affaires change, mais pas seulement ; en interne, les collaborateurs et parfois même leurs dirigeants sont dans une quête de sens qui conduit à aller davantage vers un management horizontal et plus partenarial.
Dans ce contexte, Blooming Partners revendique depuis 2015 sa différence en se définissant comme un atelier d’innovation managériale. Un « atelier » plutôt qu’un « cabinet », souligne Thomas Laborey, l’un des fondateurs associés. À 49 ans, il affiche une longue et solide expérience dans le conseil en management, un métier qu’il a découvert et dont il est « tombé amoureux » une fois son diplôme d’une grande école en poche. « Un atelier, c’est-à-dire qu’on fabrique les choses à chaque fois un peu “à façon”», explique-t-il. Voilà l’ADN de Blooming Partners : un accompagnement et des solutions à la carte pour ses clients.
L’entreprise est née d’un constat, celui que « les cabinets de conseil traditionnels étaient un peu en retard dans les propositions qu’ils faisaient pour accompagner ces transitions profondes qui touchent leurs clients », poursuit Thomas Laborey. Il développe : « Les entreprises sont soumises à un faisceau de transformations qui sont très nombreuses, complexes, rapides et, en plus, interagissent les unes avec les autres. La géopolitique se complexifie (les élections américaines, les Gilets jaunes en France, le Brexit en Angleterre…), les technologies évoluent extrêmement vite (l’intelligence artificielle, la blockchain, les objets connectés…) et, enfin, les attentes du corps social en matière d’entreprise, d’emploi, d’argent, de succès ou encore d’autorité mutent profondément. » Autant de facteurs qui rendent compliquée la prise de décisions et parfois anxiogène la vision de l’avenir par les dirigeants.
« Si la méthode fonctionne, on la généralise »
Comment accompagner les entreprises afin qu’elles appréhendent au mieux ces mutations ? 
Blooming Partners mise sur les différents modèles émergents, les outils numériques transformants et les nouvelles tendances sociétales pour construire une méthodologie. « Nous disons la chose suivante à notre client : “ On va regarder avec vous la problématique qui vous est soumise ; si on essayait, sur un mode expérimental, de mettre en œuvre telle initiative dans telle partie de votre entreprise, cela contribuerait aux objectifs, aux ambitions, aux envies que vous nous avez décrites” », cite Thomas Laborey.
Et après ? « Si la méthode fonctionne, on la généralise ; si elle ne fonctionne pas, on essaie de comprendre et on propose une alternative. Nous cheminons ainsi dans la durée avec nos clients sur une transformation assez complète finalement », ajoute le dirigeant.
Blooming Partners a pour objectif la transformation de l’ensemble de l’entreprise, plutôt que le changement par segments.
Thomas Laborey donne en exemple une grande banque française qui a demandé à l’atelier de l’accompagner dans la création d’une structure type data office. Blooming Partners et son client se sont alors posé une multitude de questions… pour trouver les réponses au plus près des besoins : « À quoi sert le data office, qui sont les gens positionnés dans ce data office, comment ils s’articulent avec les autres services de l’organisation ? Et in fine comment ils la transforment, de l’intérieur, pour le bien commun ? », détaille Thomas Laborey. 
L’agilité – cette capacité à s’adapter facilement au changement – n’est pas innée. Elle peut parfois être contre-productive lorsqu’elle est mal mise en œuvre. Blooming Partners l’a constaté auprès de l’un de ses clients, pour lequel l’introduction du concept d’agilité dans l’entreprise a généré des tensions.  « S’adapter plus facilement à des transformations continuelles sans être en hostilité les uns envers les autres » a alors été l’axe de travail proposé par l’atelier d’innovation managériale. Il a alors fallu mettre en place de nouveaux modes de fonctionnement et de collaboration, de nouveaux outillages.
« Faire entendre résolument notre voix »
En 2017, Blooming Partners a lancé MétaMorphoses, le Think and Do Tank du management « disruptif et bienveillant ». « À but non lucratif et reconnu d’intérêt général, il finance une recherche appliquée et pluridisciplinaire en matière de management. Ses productions sont des outils et méthodes en open source. Soutenu par des entreprises donatrices, il a par exemple permis en 2018 l’examen du concept d’entreprise diffuse.
Ce terme décrit la communauté des personnes non liées contractuellement à l’entreprise, mais qui partage avec elle des valeurs, des intérêts, des expériences et œuvre indirectement à son succès », expliquait Thomas Laborey dans le magazine Challenges.
Aujourd’hui, l’équipe dirigeante travaille à la transmission de la société, qui devrait intervenir à moyen/long terme. « Notre stratégie est de faire entendre résolument notre voix, pas simplement d’avoir des clients qu’on accompagne mais que toutes les convictions qu’on a développées auprès de ces clients puissent être portées à la connaissance du plus grand nombre. C’est, toujours, notre logique de l’open source, notre logique du bien commun », déclare le cofondateur. Pour ce faire, le cabinet développe depuis un an une activité de conférences, qui s’est interrompue à cause de la Covid, mais qui a repris très fortement avec la rentrée à la fois en distanciel et en présentiel. 
La crise sanitaire actuelle bouleverse le monde du travail. Elle touche le chiffre d’affaires mais également le moral des chefs d’entreprise. Thomas Laborey témoigne : « La solitude du dirigeant est la principale inquiétude dont mes clients me parlent depuis la rentrée. Nous aussi, on est des entrepreneurs, nous aussi on est en train de vivre une période compliquée. Vivons-là ensemble, rassurons-nous les uns les autres. Je pense que c’est cette posture qui fait que nous sommes reconnus comme des partenaires avec lesquels les choses se passent bien. »

Blooming Partners,
46, rue Desbordes-Valmore, 75116 Paris 

+33 1 40 55 90 73 
blooming-partners.com

Interview vidéo

RETRANSCRIPTION INTERVIEW

Thomas Laborey, j’ai 49 ans, et je suis l’un des fondateurs associés de Blooming Partners, atelier d’innovation managériale. Nous avons fondé l’entreprise fin 2014, elle va bientôt fêter ses 6 ans. 

Qu’est-ce qu’un atelier d’innovation managériale ?

À la fin des années 2000, nous nous sommes aperçus que les entreprises sont soumises à un faisceau de transformations qui sont très nombreuses, complexes, rapides et qui, en plus, interagissent les unes avec les autres.
Par exemple, la géopolitique se complexifie et devient très difficile à prévoir (les élections américaines, les Gilets jaunes en France, le Brexit en Angleterre… aucun expert ne les avait prévus), les technologies évoluent extrêmement vite (il y a des ruptures très régulièrement, l’intelligence artificielle, la blockchain, les objets connectés…), la sociologie même mute profondément, en particulier les attentes du corps social en matière d’entreprise, d’emploi, d’argent, de succès ou encore d’autorité. Tout cela est en train de se redéfinir.
Par conséquent, cela devient très compliqué pour une entreprise de prendre des décisions dans un monde où tout est mouvant et où les décisions qu’elle a prises peuvent avoir des conséquences qu’il était, à l’époque, impossibles d’anticiper. Les dirigeants d’entreprise, mais aussi les collaborateurs, peuvent avoir des difficultés à se projeter dans l’avenir avec sérénité.
Les fondateurs de Blooming Partners ont tous une expérience solide dans le conseil en management. À l’époque, nous avons constaté que les cabinets de conseil traditionnels étaient en général un peu en retard dans les propositions qu’ils faisaient pour accompagner ces transitions profondes qui touchent leurs clients. Ils étaient plutôt sur des réponses classiques alors qu’il y avait besoin de réponses nouvelles.
C’est pour proposer ces réponses nouvelles qu’on a monté cette entreprise, qui est donc un atelier – puisqu’on fabrique des choses à chaque fois un peu « à façon » – d’innovation – puisqu’on ne fait que des choses nouvelles – puis managériale, c’est-à-dire qu’on travaille sur le management au sens large : le management des personnes, c’est le premier sens, puis le management des entreprises, le management de l’économie.
En pratique, que fait-on pour accompagner les entreprises ?
Par exemple, il arrive qu’un certain nombre d’entreprises se disent : la donnée va être un gisement de valeurs pour l’avenir. Elles créent alors un dispositif de gestion de la donnée, un bureau de la donnée, un data office et des gens se trouvent bombardés Chief Data Officer d’une grande entreprise avec une multitude de questions : qu’est-ce qu’on attend de moi ? Quelle est ma feuille de route, quelle est ma proposition de valeur, à quoi je sers, quelle est ma raison d’être ? Ainsi, une grande banque française nous a demandé de l’accompagner dans la création de ce type de structure en répondant avec eux à la question : à quoi ça sert, qui sont les gens qu’on met à l’intérieur, comment ils s’articulent avec les autres services de l’organisation ? Et in fine comment ils la transforment, de l’intérieur, pour le bien commun. 

Les grandes lignes d’intervention de Blooming Partners

Pour les introduire, il faut s’en tenir à notre promesse : nous butinons dans les modèles émergents les pollens de votre croissance soutenue. Que veut dire cette formule marketing ?
Elle signifie que nous observons les différents modèles de management, les différents outils numériques transformants, les nouvelles tendances sociétales pour dire la chose suivante à notre client : “On va regarder avec vous la problématique qui vous est soumise ; si on essayait, sur un mode expérimental (et peut-être que ça ne marchera pas), de mettre en œuvre telle initiative dans telle ou telle partie de votre entreprise, il nous semble que cela contribuerait aux objectifs, aux ambitions, aux envies que vous nous avez décrites. ” Très concrètement, il s’agit de réfléchir avec les collaborateurs, avec les managers, pour mettre en place, de façon assez limitée dans le temps et l’espace, des nouveaux modes d’organisation, de fonctionnement, de relation-client, des modèles de revenus, des modèles de collaboration, de nouveaux outillages.
Puis, on observe sur quelques semaines ou quelques mois. Si la méthode fonctionne, on la généralise à l’ensemble de l’organisme ; si elle ne fonctionne pas, on revient en arrière, on essaie de comprendre et on propose une alternative qui devrait résoudre les problèmes qu’on a rencontrés. Nous cheminons ainsi dans la durée avec nos clients sur une transformation assez complète finalement, mais qui se fait par petits morceaux. 
Cette approche nous permet de travailler avec toutes sortes de secteurs, toutes sortes d’entreprises, des ETI comme des grands groupes, des entreprises françaises et à l’international. Notre idée, c’est vraiment d’être au plus près de la transformation, on est chez vous, on est avec vous. Notre activité se résume finalement ainsi : on est un cabinet de conseil spécialisé sur les modèles de management innovants.

Blooming Partners compte aujourd’hui 16 personnes, 3 associés-fondateurs et 13 collaborateurs.

Mon parcours est assez linéaire, j’ai fait toute ma carrière dans le conseil en management. Je suis arrivé dans une grande école en me disant : “j’ai bien réussi mon parcours d’étudiant, mais je ne sais pas construire un parcours de professionnel.” J’ai pris l’annuaire des anciens de mon école, j’ai vu qu’il existait un secteur « conseil en management », que je ne connaissais pas. J’ai fait des stages pour découvrir ce que c’était, je suis tombé amoureux du métier et je ne l’ai jamais quitté.

Les mots-clés pour Blooming Partners ?

Innovation évidemment, humanisme, management, modèle émergent, expérimentation, bienveillance, intelligence collective, observatoire des usages, adaptativité. 

Pourquoi nos clients font-ils appel à nous ?

Nos clients viennent nous voir pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’ils ont essayé quelque chose mais ils n’ont pas réussi à le faire fonctionner. Un bon exemple : un groupe d’aménagement urbain nous dit : « on pense que l’agilité c’est important, du coup on a voulu devenir agile mais on a échoué. Les concepts d’agilité qu’on a introduits – le droit à l’erreur, etc – ont plutôt fracturé [c’est le terme employé par la directrice générale] le corps social qu’autre chose. Aidez-nous à resouder le corps social, quitte à ne plus parler d’agilité.
Mais comment peut-on faire pour s’adapter plus facilement à des transformations continuelles sans être en tension, en hostilité les uns envers les autres ? » Voilà des gens qui ont essayé des modèles émergents, mais il se trouve que, comme c’est émergent, c’est compliqué de trouver les clés pour les faire fonctionner. Second exemple, ceux qui souhaiteraient essayer quelque chose mais qui ne savent pas par quel bout le prendre.
Un groupe de publicité très connu nous contacte. Il nous dit : “le design thinking – qui est une approche de conception par les usages et le design plutôt que par la résolution de problèmes – pourrait être très utile et s’appliquer très naturellement à nos métiers de la communication, de la créativité. Mais on ne sait pas du tout comment cela s’articule avec les savoir-faire qu’on a déjà, la culture qu’on a déjà, etc.” Nous les avons aidés à prendre le design thinking en main.
Chiffre d’affaires 2020
On va être en légère croissance par rapport à 2019, je pense au-dessus de 3 millions d’euros.

Nos projets à long terme

Notre projet est de transmettre l’entreprise. Il faut que nos collaborateurs d’aujourd’hui soient les associés de demain, que ce soit leur boite à terme. Notre stratégie est de faire entendre résolument notre voix, pas simplement d’avoir des clients qu’on accompagne mais que toutes les convictions qu’on a développées auprès de ces clients puissent être portées à la connaissance du plus grand nombre. C’est, toujours, notre logique de l’open source, notre logique du bien commun.
Nous développons depuis un an une activité de conférences, qui s’est considérablement interrompue à cause du confinement mais qui a repris très fortement avec la rentrée, à la fois en distanciel en mode webinaire et en présentiel dans des salles assez grandes pour assurer la sécurité sanitaire. Aller discuter avec des panels de gens de ce qu’on a vu, ce qu’on croit, ce qu’on espère, ce qui nous semble recueillir leur assentiment, c’est très important pour nous, pour que l’ensemble des acteurs économiques progresse, chemine dans ce monde compliqué qui est le nôtre. 
La vraie difficulté de ce métier, c’est que quand on se lève le matin, on ne sait pas à quelle heure on va se coucher le soir. Il y a les bons jours, lorsque, à 17h30, on n’a plus de sollicitations, plus rien en retard, tout est fini. Du coup, soit on prend de l’avance sur le lendemain, soit on va au cinéma ! Et il y a ceux où, à 20 heures, on se dit : « là je vais en prendre pour la nocturne… », parce qu’il y a vraiment une mission qui mérite un effort supplémentaire. Il n’y a pas de journée-type, le contenu varie : on passe beaucoup de temps à discuter avec les clients, un peu à discuter entre nous, et pas mal à aller voir ce qui se fait ailleurs pour s’inspirer.
La solitude du dirigeant est la principale inquiétude dont mes clients me parlent depuis la rentrée. Vous n’êtes pas seuls. Nous aussi, on est des entrepreneurs, nous aussi on est en train de vivre une période compliquée. Vivons-là ensemble, rassurons-nous les uns les autres, on va s’en sortir, on peut s’en sortir, on sait s’en sortir. Je pense que c’est cette posture qui fait que nous sommes reconnus comme des partenaires avec lesquels les choses se passent bien. 

Le positionnement de Blooming Partners

C’est là où les cabinets traditionnels ne vont pas parce qu’ils ont un modèle économique industriel. Nous, on a un modèle économique artisanal. Donc, si vous êtes sur des projets un peu fous dont vous ne savez pas s’ils vont marcher ou pas, et si vous voulez qu’on fasse un bout de chemin avec vous – qui peut être très court, qui peut être de 5 semaines et pas très cher ou quelque chose de plus prolongé – vous pouvez faire appel à nous. »

Réussite inspirante pour la 1ère édition de l’Upcycling Festival

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upcycling festival-carton noir
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Évènement #UpcyclingFestival

« Upcycling festival a réuni des exposants, des créateurs mais aussi des ateliers.
Oui, c’est un peu la grand messe de l’upcycling avec tous les acteurs, certains transversaux : l’habitat, la décoration, l’objet, la mode, le textile, les bijoux. C’est tout un éco-système, avec un optimisme et une philosophie qui vraiment nous engagent sur l’avenir ». On est très content du bilan de cette première édition de l’Upcycling Festival. Il y a eu vraiment beaucoup de monde, et c’est très qualitatif, confie Jacques Chalvin  au micro de I-Médias.
L’actrice française Marianne Anska n’a pas hésité à laisser son avis après avoir exploré les oeuvres des 22 exposants. 
« Je pense que l’évènement est formidable. Je pense qu’il est on ne peut plus dans l’air du temps. Avant le Covid mais après le covid encore plus. C’est une démarche passionnante, jolie, poétique, que j’adore. Et en plus, on arrive à faire de belles choses. Ce qui n’était pas le cas quand on recyclait dans les années 60. C’était plus des trucs un peu baba cool.
Là c’est vraiment de beaux objets qui n’ont rien  à envier aux objets anciens et antiques. En plus, tous les jeunes créateurs et ceux avec plus d’expérience sont dynamiques et passionnés par ce qu’ils font. »Je trouve ça magnifique, ces lustres. On a plus du tout envie d’avoir du vrai cristal en voyant ça. Il y a une théâtralisation de l’objet qui est intéressante. Moi j’adore. »
Mais qu’est-ce que le surcyclage, par rapport au recyclage ?
Il s’agit de réutiliser de la matière brute pour la détourner de son usage habituel ou dans une perspective artistique sans la transformer. Les artistes présents utilisent donc des matières de notre quotidien.

Du carton, des déchets industriels, du papier mâché, du verre recyclés

On pouvait par exemple découvrir Cécile Chappuis, qui crée des pièces uniques à partir de carton recyclé : miroirs, cadres, lustres marient les styles de l’école flamande et de la Renaissance.
Avec Bijouseat, Valérie Martin recycle les déchets industriels pour créer du mobilier de maison. Elle travaille sur un site de vente en ligne, Surcyclom.
Autre exemple, Ghislaine Bourillon, fondatrice de 2L Créations, donne une seconde vie aux bijoux fantaisies qui dorment dans les tiroirs. Elle en fait des colliers, des sautoirs ou des bijoux de maison. Elle a poussé la démarche en créant une boîte de recyclage, la BAB 2L, pour accueillir ces bijoux dont on ne veut plus. Et une application est en développement pour la diffuser à l’échelle nationale. Son ambition : “créer une marque de bijoux 100% vauclusienne, éthique, éco-responsable et locale.”
La Manufacture, collectif de créateurs, était également représentée. On pouvait voir le travail de Sarra Sarrita autour du bleu de travail, de Titou Vergier avec le papier mâché ou Isabeau Chirard sur le verre.

Les visiteurs, venus nombreux, sont impressionnés parce qu’ils voient.

“Je trouve qu’il y a énormément d’imagination. Et ce qui est formidable, c’est que ça se passe dans une actualité qui est malheureuse, qui est assez dépressive pour tout le monde, et là on voit que malgré tout la création a le dessus.”
Une autre nous fait part de ses réflexions :  “Ça nous fait prendre aussi conscience qu’on gaspille énormément et on est amené à se poser des questions sur notre consommation.”
« On est super contentes d’être venus. ça fait plaisir de voir quelque chose d’un petit peu différent, sur le renouvellement et sur le développement durable.
« J’ai été agréablement surprise de découvrir cette exposition. On était venues par hasard et on est restées toute la journée parce que ça nous a vraiment plu ».

Des ateliers pour apprendre à surcycler

Enfin, d’autres sont inspirés : “Je suis fascinée de voir tout ce qu’on peut faire en upcycling et la diversité des œuvres et des objets qui ont été proposés aujourd’hui. De voir que ce sont des objets utiles du quotidien, des œuvres d’art, des vêtements. Et surtout de voir toutes les étapes de transformation entre la matière – la laine, le carton, le tissu – et pouvoir ensuite utiliser ces objets. Donc avoir une plateforme comme ça pour les artistes et les artisans exposants, ça donne plein d’envie et surtout plein d’inspiration pour moi-même créer.”
C’est l’objet des ateliers. Charlie Martel, créatrice textile qui réalise des tentures murales en matière recyclées, proposait ainsi un tissage participatif. Dans un autre style, ce petit garçon a fabriqué un jeu en matériaux recyclés. Pour prolonger l’expérience, on pouvait faire un tour sur le stand des Petites Choses – Ressources créatives.
Les deux conductrice de Les Petites Choses, Linda Bendif et Claire Godiard nous expliquent le principe. ” Nous collectons les matières et matériaux bruts auprès des entreprises et des particuliers pour un usage créatif et pédagogique avec les structures éducatives et culturelles. Mais aussi pour les artisans et les artistes, tous ceux qui ont une matière et une fibre artistique. Notre objectif est de revaloriser la matière brute pour un usage créatif dans un éco-comptoir sur Avignon.”

Une première édition prometteuse

Parmi les conférenciers, les organisateurs avaient invité Raphaël Thierry, artiste pluridisciplinaire, à la fois plasticien (peintre/ sculpteur/ performeur) et graphiste concepteur illustrateur. Mais surtout, il est  l’enfant du pays.  “C’est une très belle initiative.
D’ailleurs, j’en profite pour remercier toute l’équipe du Village des Antiquaires pour m’avoir invité à participer. Je trouve que l’évènement est tout à fait justifié dans notre monde actuel et qu’il a toute sa place. En plus, le faire à l’Isle-sur-La-Sorgue, c’est bien parce que c’est un peu la capitale de l’objet, de l’antiquité.”
Les organisateurs peuvent être satisfaits de cette première édition, maintenue dans un contexte de crise sanitaire. “On envisage, vu ce qui se passe actuellement et le succès, de faire le même évènement l’année prochaine mais en plus important, annonce Teddy Follenfant, journaliste à RCF Vaucluse. Car on veut que L’Isle-sur-Sorgue devienne le grand festival de l’upcycling en France.
Voilà notre but. Et je crois que c’est une sacrée première réussite car il y a pas mal de monde. Ça marche très fort. Donc rendez-vous l’année prochaine avec le même évènement mais 100 fois plus important. Nous espérons avoir beaucoup de partenaires, d’institutions. Brune Poirson  (ancienne secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique, NDRL) nous a promis de nous aider.”

Reportage vidéo des trois de #upcyclingFestival

Reportage photos de l’évènement