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#Portrait Ldigital, la fondation lyonnaise qui lutte pour plus de femmes dans le numérique

Au départ Ldigital était un collectif mais est devenue une fondation en 2016, sous égide de la fondation pour l’Université de Lyon. Plus de 200 bénévoles de la région participent à la création d’action de soutien et d’accompagnement des femmes aux métiers du numérique. Béryl Bès, nouvelle déléguée générale de la fondation depuis le 1 février 2019, a accordé une interview à Press Relations Lyon où elle présente les valeurs, les objectifs et les missions de Ldigital.

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Au départ Ldigital  était un collectif mais est devenue une fondation en 2018, sous égide de la fondation pour l’Université de Lyon.

 Plus de 200 bénévoles de la région participent à la création d’action de soutien et d’accompagnement des femmes aux métiers du numérique. 

Béryl Bès, nouvelle déléguée générale de la fondation depuis le 1 février 2019, a accordé une interview à Press Relations Lyon où elle présente les valeurs, les objectifs  et les missions de Ldigital. 

Peux-tu me présenter LDIGITAL ?

Je m’appelle Béryl Bès et depuis aujourd’hui, vendredi 1 février 2019, je suis déléguée générale de la fondation LDigital.

LDigital est une fondation qui est sous égide de la fondation pour l’université de Lyon, et qui a pour objet de favoriser la place des femmes dans le numérique.

La fondation n’a pas tout de suite été fondation, puisque le travail a été effectué depuis 3 ans maintenant. La fondation a été créée en 2016. 

Le travail a été fait depuis au moins trois ans, au départ c’était un collectif. L’objectif était de fédérer le maximum d’acteurs, à la fois au niveau des écoles, des institutionnels et des entreprises pour trouver des solutions pour ce déséquilibre dans les métiers du numérique entre les hommes et les femmes. Et puis depuis 1 an maintenant nous sommes abritées par la fondation pour l’université de Lyon. Donc la fondation a 1 an d’existence mais le collectif existe depuis 3 ans maintenant.

Les valeurs de LDIGITAL

Avant de parler de mes valeurs j’aimerais parler des 4 membres fondatrices : donc nous avons Virginie Boissimon et Karine Bontemps qui sont aussi nos deux co-présidentes. On a aussi Agathe Forzy et Dorie Bruyas qui sont donc les 4 membres fondatrices et qui veillent à la stratégie de cette fondation LDigital.

Et donc dans nos valeurs, l’important c’est d’abord le respect de l’autre, que chacun trouve sa place dans les métiers du numérique avec aussi une notion d’inter-génération, d’inclusivité, de bienveillance, et puis de faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux, c’est important aussi.

Quelles sont les opérations de Ldigital?

Nous avons des actions extrêmement concrètes.

Qu’est ce que nous faisons aujourd’hui en tant qu’opérations ? Alors nous des opérations extrêmement concrètes comme par exemple au niveau de l’éducation. Cette commission est co-pilotée par Agathe Forzy et donc l’idée c’est vraiment d’avoir une action concrète auprès des collégiens, des lycéens et dans les universités.

 Donc il y a des opérations comme les femmes du code du digital en partenariat avec  100.000 entrepreneurs et OPE où l’idée, c’est vraiment de faire intervenir des femmes dans ces écoles pour montrer le champ des possibles, présenter  les métiers du numérique et montrer que les femmes ont toute leur place à jouer. 

Après on a une opération qui a lieu au mois de décembre qui est très forte. Cette année on a sensibilisé 2500 collégiens sur une opération co-pilotée par Simplon Hour of code où ce sont des étudiants des écoles du numérique qui vont auprès des plus jeunes, notamment les collégiens pour les sensibiliser aux métiers du code et bien sûr 50% des filles, plus de 50% des filles sont sensibilisées. Il y a d’autres opérations, donc ça c’est la cible des enfants  avec également. On travaille avec le sport dans la ville sur des opérations de sensibilisation. 

Et puis après on a d’autres actions auprès des femmes en reconversion professionnelles. Avec des actions de sensibilisation aux métiers du numérique dans notre présence dans tous les salons régionaux sur cette thématique là. Comme Go numérique, Professionnels, Elle Active, la nuit de l’orientation, entre autres, où nous avons à chaque fois un stand où on peut fédérer nos acteurs et informer le public sur les opportunités des métiers du numérique et comment les femmes peuvent y prendre toute leur place. On mène aussi des opérations plus ciblées comme à Clermont, où on est en train d’en construire une aussi à Grenoble sur comment connecter les besoins d’une entreprise avec les talents féminins.

Pourquoi avoir créer LDigital ? 

Ça part vraiment d’un constat assez dramatique, qui ne cesse en plus de s’accroitre. C’est-à-dire qu’aujourd’hui par exemple dans une école de développeurs vous avez 6% de femmes, dans les starts up innovantes pareil, il n’y a que 6% de femmes. 

Quand vous regardez dans tous ces métiers techniques et scientifiques, les femmes sont en dessous de 20 %. Donc déjà il y a un déséquilibre à la base et après ça se renforce  et d’un autre côté vous avez des besoins énormes des entreprises puisqu’on sait qu’aujourd’hui il y a un potentiel d’employabilité d’environ 50 000 postes en France, dont 5/6 000 dans la région Auvergne Rhône Alpes. Donc on a à la fois des entreprises qui aujourd’hui ne peuvent plus répondre à des marchés, parce qui n’ont plus les ressources en interne pour y répondre, donc il y a un manque fondamental de profils formés aux métiers du numérique. Donc on ne peut pas à la fois dire qu’on a un taux de chômage de plus de 10%, et de l’autre côté tant de postes à pourvoir.

Donc l’idée c’est d’aller vraiment former ces gens avec leurs talents précédents et leurs expériences pour pouvoir rajouter des blocs numériques, des compétences numériques pour leur donner des nouvelles opportunités d’employabilité. 

Projets à court terme

A court terme on a une intervention le 8 février dans le cadre du tour de France de l’égalité à Clermont, on a fait cette semaine, on a participé également à une table ronde à Grenoble.

A Lyon, on vous donne rendez-vous le 4 juin sur Mixité entreprise. Parce qu’on travaille aussi avec les entreprises sur tout ce qui est mixité, échanges de bonnes pratiques, pourquoi c’est bien d’avoir des équipes mixtes dans les entreprises numériques et pourquoi c’est gain de performance et c’est signe de mieux-être et de richesse.

Et il y a le 3 avril aussi à Clermont Ferrand où on va faire le premier digital dating donc vraiment en cherchant à connecter vraiment les talents féminins aux besoins entreprises et aux organismes de formation pour ne vendre ni du rêve au entreprises parce que la perle rare est difficile à trouver et ni du rêve aux femmes parce qu’on leur dit formez-vous au numérique mais qu’est ce qu’il y a concrètement de possible et d’envisageable pour elles.

Comment soutenir Ldigital? 

Déjà, pour venir nous soutenir vous pouvez aller sur le site https://www.ldigital.org/ et nous envoyer un mail contact@ldigital.org.

Nous aujourd’hui on est un collectif avec environ 200 bénévoles. Et évidemment on a des femmes mais beaucoup d’hommes qui nous soutiennent et qui ont pris cette cause, qui ont eu envie de défendre cette cause parce qu’ils se rendent bien compte qu’on ne peut pas construire le monde de demain, notamment tous ces métiers du numérique qui sont quand même des métiers transverses. 

On ne peut pas le construire sans 50% de l’humanité donc c’est capital d’être inclusif et d’aller chercher les femmes sur ces métiers-là. Donc venez nous rejoindre pour vraiment, de toute façon c’est la force du collectif qui fera bouger les lignes.

Tout seul on ne peut rien faire, ce sont les écoles ensemble qui font même des opérations, ce sont les entreprises ensembles qui mènent des opérations, ce sont les femmes qui se soutiennent et qui avancent aussi vers cette évolution du monde du travail. Et c’est ensemble qu’on y arrivera et certainement pas chacun de notre côté.

Quel ton parcours Béryl Bès ?

Mon parcours, pourquoi je suis arrivée aujourd’hui à travailler pour LDigital ? En fait, au départ je ne viens pas du tout du monde digital, je viens du monde de la banque et de l’assurance, donc vraiment des métiers très classiques. J’ai fait une école de commerce, j’étais bien dans un rouage classique. Il y a 10 ans maintenant j’ai démissionné et j’ai créé mon propre cabinet de courtage de crédit et d’assurance qui tourne toujours qui s’appelle BBA Conseils. 

Et puis il y a 4 ans, je me suis passionnée pour la finance digitale, pour la finance participative, j’en ai écrit un livre Le Crowdfunding un nouvel outil pour l’entreprise, aux éditions Eyrolles et j’ai lancé une plateforme, parce que j’étais déjà très investie pour la place des femmes dans l’économie, une plateforme qui s’appelle MyAnnona qui était la première plateforme de Crowdfunding à destination des femmes. Pour des raisons économiques, parce que je n’arrivais pas à gagner de l’argent dessus, en juillet je l’ai fermée. 

Mais je garde cette activité de coaching, d’accompagnement financier pour les femmes parce que c’est vraiment une des causes aussi qui me porte à cœur, c’est toute la liberté financière pour les femmes. Et donc je me suis retrouvée avec MyAnnona dans des réunions où il y avait la finance et la technologie, ce qu’on appelle les Fintech et dans des réunions par exemple de 40 personnes lorsqu’on va à la rencontre d’une plateforme de crowdlunding, c’est bien simple sur 40 personnes j’étais la seule femme. Ou quand je suis allée à une formation il y a un an La cuisine du web sur la Blockchain on était 3 femmes sur 100 le matin, une l’après-midi. Donc je me suis dit ce n’est pas possible il faut faire quelque chose. 

Et quand Karine Bontemps et Virginie Boissimon sont venues me voir en me disant Béryl est ce que ça t’intéresse de venir travailler sur ces sujets. J’ai dit oui évidemment parce que là je vois une telle disparité qu’on ne peut pas laisser la Fintech qu’aux mains des hommes. Il faut vraiment rééquilibrer ça et voilà pourquoi je suis arrivée dans la fondation LDigital.

Comment mesurer l’impact des actions de Ldigital ?

C’est quand même une question complexe. Donc on peut déjà dire que depuis cette année 2018 on a impacté environ 4 500 collégiens, lycéens et étudiants, environ 1 500 femmes à travers les salons et tout ça. Après, un indicateur que j’aimerais mettre en place dans les années à venir et auquel je travaille, c’est savoir combien de femmes ont trouvé un métier dans le numérique après une conversion professionnelle.

Donc ça c’est des indicateurs qui seront plus subtils, qui seront peut être moins impressionnants en terme de nombre mais qui montreront qu’on y arrive et qu’on peut changer et bouger les lignes.

En fin de compte c’est d’abord un métier de communication parce qu’on sait que pour changer  les choses il faut véhiculer des rôles modèles, déstructurer les stéréotypes et montrer et ouvrir le champ des possibles aux femmes.

Donc qu’elles soient jeunes filles ou qu’elles soient femmes, leur montrer déjà que c’est possible d’aller vers ces métiers du numérique, que ce qu’elles ont fait au préalable est une richesse et qu’elles peuvent la valoriser après dans ces nouveaux métiers. 

Donc c’est vrai que la sensibilisation, la communication c’est plus compliqué à quantifier. Moi ce que je peux dire c’est qu’il y a eu quand même 4 500 jeunes qui ont été, qui ont eu à un moment donné une sensibilisation aux métiers du numérique dont 50% de jeunes filles. Après qu’on a rencontré dans les salons plus de 1 500  femmes avec qui à chaque fois on a passé du temps, on a discuté, on a présenté les métiers du numérique. Je trouve que c’est déjà pas mal comme chiffres, non ?

Quel est le statut de LDIGITAL ?

On a un statut de fondation, donc notre statut, il est fondation et on est abrité, sous égide.

Notre structure juridique est construite de cette manière : nous sommes fondation, fondation sous égide de la fondation pour l’université de Lyon donc on peut recevoir à la fois des fonds financiers sous forme de mécénat financier, mais aussi du mécénat en nature, ou même venant des entreprises si elles sont intéressantes pour mettre en place des mécénats de compétences, et on peut déléguer une personne quelques jours par mois pour la fondation pour nous aider à avancer dans notre cause. 

Globalement, en fin de compte si on parle des valeurs et du fondement, on est pour un développement mesuré et équilibré entre les hommes et les femmes dans le monde économique et dans l’entreprise. Et après on se focalise sur le numérique.

A la base, enfin économiquement ce qui est important c’est qu’on sait aujourd’hui qu’avoir un équilibre hommes/femmes dans les équipes est quelque qui apporte de la richesse, de la rentabilité, de la performance et du bien-être. Et d’autant plus dans ces métiers, les métiers du numérique ce sont des métiers qui sont extrêmement transverses, qui touchent toutes les typologies d’activités, donc on ne peut pas aujourd’hui envisager tous ces métiers de demain sans 50% de l’humanité. 

Parce qu’on va perdre en richesse, c’est mauvais pour tout le monde. Donc l’idée c’est vraiment d’aller convaincre les femmes qu’il y a des opportunités à prendre, qu’elles ont leur place à prendre dans ces métiers là parce que souvent elles en ont une image du geek. Elles n’en ont pas une belle image et les parents aussi. 

Les parents disent « ah bon tu veux faire de l’informatique ? Ah oui tu veux faire du numérique ? Tu veux faire du développement ? ». Donc il y a aussi une image à changer sur ces métiers-là qui sont des vrais opportunités après avec des jolies évolutions. Donc c’est dommage qu’il n’y ait pas plus de femmes qui s’intéressent à ces métiers-là. Et c’est qu’en faisant des actions de communication, de sensibilisation qu’on arrivera petit à petit à avoir de l’impact.

Message aux femmes 

Le message que j’ai, aux femmes, c’est déjà d’oser, d’ouvrir leur champ des possibles et vraiment de s’autoriser dans ce nouveau monde qui nous arrive, ce monde vraiment fait d’innovations, de saisir ces opportunités parce qu’aujourd’hui le numérique c’est un levier pour elles, un levier d’émancipation.

C’est un levier de meilleur temps d’articulation de vie, c’est un levier aussi d’innovation où finalement c’est possible pour tout le monde. Donc vraiment saisissez cette opportunité des leviers numériques pour en faire une force dans votre vie que ce soit au quotidien où dans votre vie professionnelle. Ne vous excluez pas de ce monde-là. Donc ça c’est la première chose.

Après mon appel aujourd’hui il est aussi vers les entreprises. Aujourd’hui on a su réunir beaucoup les institutionnels, on a su réunir beaucoup de bénévoles. Aujourd’hui on a besoin d’entreprises notamment locales parce que c’est en s’inscrivant dans le tissu local et en comprenant le mieux les besoins des entreprises qu’on arrivera à monter les opérations les plus efficaces possibles. A la fois pour répondre à leurs besoins et puis pour orienter les femmes correctement. 

Donc vraiment je fais un appel aux entreprises pour qu’elles viennent nous rejoindre, qu’elles viennent nous présenter leurs besoins et qu’on fasse des opérations qu’on co-construise ensemble. 

C’est le slogan de Ldigital?

Alors la base-line pour la fondation LDigital c’est, plus de femmes dans le numérique.

Annonce de l’évènement du 8 mars : partage fait avec Ma Jolie Fleur

Il y a une chose aussi importante dont j’ai oublié de vous parler c’est que pour le 8 mars : on va se réunir évidemment, on va faire un moment convivial, et on va lancer un produit Partage fait avec Ma Jolie Fleur. Donc une broche fait à l’effigie de LDigital et dont les bénéfices seront reversés à la fondation LDigital.

Donc j’incite ces entreprises à acheter cette belle fleur sous forme de broche pour pouvoir l’offrir aux femmes dans leur entreprise et soutenir la fondation LDigital.

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