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Émilie Legoff met l’intérim à portée de clic

Troops propose la digitalisation de tous les process des agences d’intérim. Sa créatrice, Émilie Legoff, vient d’accéder à la présidence de La French Tech One Lyon Saint-Étienne. Un nouveau défi à relever pour cette entrepreneuse du digital appliqué aux ressources humaines.

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Lauréate femme audace - Émilie Legoff
Lauréate femme audace - Émilie Legoff
Portrait Émilie Legoff, ceo Troops et co-présidente de la French Tech One Lyon St-Étienne

Créé en 2016 et commercialisé depuis septembre 2019, le logiciel Troops propose la digitalisation de tous les process des agences d’intérim. Sa créatrice, Émilie Legoff, vient d’accéder à la présidence de La French Tech One Lyon Saint-Étienne. Un nouveau défi à relever pour cette entrepreneuse du digital appliqué aux ressources humaines.

Une corde de plus à son arc : le 9 juin dernier, Émilie Legoff a été élue pour deux ans à la présidence de la French Tech One Lyon Saint-Étienne, une association qui regroupe 1000 start-ups, 100 scale-up et quelque 80 membres investis sur les territoires des deux communes. La fondatrice et CEO de la start-up Troops co-présidera La French Tech One avec Karine Dognin-Sauze, vice-présidente de la Métropole de Lyon déléguée à l’innovation. Un binôme 100 % féminin à la tête d’une organisation 100 % tech, voilà qui n’est pas sans déplaire à Émilie Legoff, une cheffe d’entreprise qui a fait du digital la clé de voûte de sa réussite entrepreneuriale.
À « 40 ans tout juste », Émilie Legoff est à la tête d’une start-up qui ne cesse de se développer. Créé en 2016 mais commercialisé depuis septembre 2019, Troops est un éditeur de logiciels qui permet la digitalisation des contrats de travail et les démarches administratives associées. Principale cible de la société : les agences d’intérim, qu’elles soient spécialisées ou non dans un secteur d’activité.
Émilie Legoff explique le fonctionnement de l’application : « Par exemple, je suis un chef d’entreprise et mon personnel d’accueil ou mon agent d’accueil est absent. Il me suffit d’aller sur internet, de me connecter sur un site client de Troops et je pourrai commander une mission d’hôtesse d’accueil pour la journée – ou davantage – directement et de manière ultra rapide. De son côté, l’hôtesse d’accueil aura téléchargé l’application sur son smartphone, mis à disposition toutes ses pièces d’identité, aura accepté la mission et signé son contrat de travail en ligne ; elle pourra avoir son bulletin de salaire à la fin de la mission. »
Ne parlez plus d’agence d’intérim physiques mais d’agences « phygitales », résume la patronne de Troops. « Avec 45 salariés, c’est une entreprise à taille humaine », se réjouit-elle. Alors que l’intérim représente un marché de 24 milliards d’euros par mois en France, Émilie Legoff a confiance dans l’avenir de son application, qui compte une quinzaine de groupes clients aujourd’hui. Les prévisions l’attestent : Troops devrait atteindre les 500 millions de volume d’affaires d’ici fin 2020 et prévoit de réaliser 2 milliards de contrats sous gestion en 2021. 

L’entreprise dans les gènes

La réussite de Troops n’est pas le fruit du hasard ou d’une bulle numérique quelconque prête à exploser. Derrière son style chic décontracté qui lui donne des airs de baroudeuse avec son imposant tatouage sur l’avant-bras et sa blondeur déstructurée, l’atypique Émilie Legoff cultive une volonté d’entreprendre à toute épreuve. Elle l’a héritée de ses proches, une famille où l’entreprise est une seconde nature.
Parents, frères et sœurs, oncle : chez les Legoff, on monte sa boîte. Ainsi, pour la jeune Émilie qui découvre le monde du travail après avoir décroché ses diplômes à Sup de Co Montpellier et à l’Université de Dublin spécialisée en RH, les expériences de salariat façonneront son profil de future entrepreneuse.
C’est chose faite en 2010, année ou elle co-crée D2L Group. La stratégie ce groupe d’intérim consiste à embaucher en CDI des personnels formés et à les mettre à disposition des entreprises clientes en fonction de leurs besoins. 
D2L Group, au sein duquel Emilie Legoff n’occupe plus aucune fonction aujourd’hui, est ainsi devenu en quelques années la référence de la flexicurité et notamment du CDI intérim pour un chiffre d’affaires de plusieurs centaines de millions d’euros.

« Je m’éclate à prendre des risques »

C’est au contact d’entrepreneurs évoluant dans le digital que l’idée de Troops est venue à Emilie Legoff. Un nouveau défi qu’elle a relevé avec audace dès 2016. « Je pense que je suis loin d’être la seule à avoir beaucoup d’audace, cela fait partie des caractéristiques de la plupart des femmes d’ailleurs », confie cette mère de quatre enfants en garde alternée. « Parfois c’est un bon rythme ! », poursuit-elle dans un sourire non dissimulé. « Cela ne m’empêche pas de prendre des risques pour ma boîte, voire même je m’éclate à prendre ces risques. »
Suivie par l’association Croissance Plus, Émilie Legoff a participé en 2016 au G20 des entrepreneurs qui s’est tenu à Pékin. Rencontres, échanges, partages d’expériences… Le réseautage, Émilie Legoff adore ça. Surtout dans sa dimension humaine : « Les deux choses qui m’animent, ce sont le fun et la liberté. Tant que je m’amuse et que je n’ai pas l’impression d’être en prison, tout va bien. Du coup, j’ai l’énergie nécessaire pour avancer et faire ce qu’il faut pour aller en direction du succès. » Un mode de fonctionnement qu’elle applique pour ses équipes de Troops : « On travaille beaucoup, on met énormément de pression pour satisfaire le client au maximum mais on s’amuse également beaucoup pour décharger ! », témoigne-t-elle.
À la présidence de La French Tech, Emilie Legoff entend appliquer la même recette : créer du lien, favoriser les synergies. En organisant « des événements entre toutes les start-up pour qu’elles apprennent à se connaître ». Elle souhaiterait également développer la dimension internationale de La French Tech, qui dispose de bureaux sur tout le continent européen. « Alors, pourquoi ne pas organiser un sommet européen à Lyon ? Et plus tard un sommet international ? », suggère Émilie Legoff. Avec comme credo l’une de ses phrases fétiches : « Ça va bien se passer… ».
Plus d’info
Troops,
31 place Bellecour, 69002 Lyon
Tel :  04 82 83 50 69
 www.troops.fr
Interview vidéo

RETRANSCRIPTION INTERVIEW
« Émilie Legoff, 40 ans tout juste, je suis la fondatrice et dirigeante de Troops et, maintenant, la co-présidente de La French Tech One Lyon Saint-Etienne.

Quels sont vos ambitions et vos projets pour la French Tech One Lyon St-Étienne ?

La particularité de La French Tech par rapport à toutes les organisations qui intéressent les entrepreneurs, c’est qu’il existe un lien entre les institutionnels et les entrepreneurs. L’idée est de pouvoir travailler ensemble, donc ma mission première sera de faire en sorte qu’on travaille encore plus ensemble. 
Aujourd’hui, par exemple, lorsque la Direccte appelle un entrepreneur, en général, on fait un arrêt cardiaque en se demandant ce que l’on a fait de mal ! Alors qu’au contraire, on a énormément de choses à s’apporter mutuellement.
Ensuite, il s’agit de permettre aux entrepreneurs de se connaître entre eux, d’organiser des événements entre toutes les start-up pour qu’elles apprennent à se connaître ; enfin, j’aimerais bien développer le côté international de La French Tech. 
Aujourd’hui, il existe énormément de bureaux French Tech partout en Europe et aussi au niveau international. Alors, pourquoi ne pas organiser un sommet européen à Lyon ? Et plus tard un sommet international de French Tech, toujours à Lyon ?
La French Tech regroupe quasiment toutes les sociétés innovantes en France, des sociétés qui se développent en mode start-up et qui peuvent devenir des scale-up. Il y a une énergie de dingue dans cet environnement-là et, évidemment, j’avais envie d’y participer. 
Troops, c’est aujourd’hui une start-up en forte croissance, c’est intéressant et régénérant d’échanger avec ses pairs, ainsi qu’avec l’écosystème.
Troops existe depuis 2016, mais pendant 2-3 ans j’ai testé et développé le logiciel. Je commercialise Troops depuis septembre 2019. 

Pourquoi ai-je créé Troops ? 

Je viens du monde de l’intérim. J’ai précédemment monté un groupe d’intérim – avec lequel je n’ai plus de lien aujourd’hui – mais cette expérience m’a donné envie de digitaliser les process administratifs et commerciaux qu’il y avait dans cette entreprise. C’est ce que j’ai fait au sein de Troops. 
Troops est le système qui permet de digitaliser tous les process d’une agence d’intérim de A à Z. Le candidat peut s’inscrire sur l’application smartphone en marque blanche (c’est-à-dire le groupe d’intérim client de Troops) et le client qui cherche un intérimaire peut passer directement sa commande sur internet. Ensuite, toute la mission peut être faite de manière entièrement digitalisée, sans intervention humaine.

Les missions de Troops ? 

Par exemple, je suis une entreprise et mon personnel d’accueil ou mon agent d’accueil est absent. Il me suffit d’aller sur internet, de me connecter sur un site client de Troops et je vais pouvoir commander une mission d’hôtesse d’accueil pour la journée – ou pour la semaine, quelques mois – directement et de manière ultra rapide.
De l’autre côté, l’hôtesse d’accueil aura téléchargé l’application sur son smartphone, aura mis à disposition toutes ses pièces d’identité, aura accepté la mission et signé son contrat de travail en ligne ; elle pourra avoir son bulletin de salaire à la fin de la mission.

Qui sont les cibles 

Mes cibles principales, et uniques, sont les groupes d’intérim, les dirigeants qui souhaitent aller vers la digitalisation de leurs agences. C’est-à-dire transformer leurs agences d’intérim physiques en agences d’intérim phygitales.

Votre business plan et votre chiffre d’affaires 

Mon modèle économique est simple : c’est un logiciel en mode SaaS [Software as a Service ou « Logiciel en tant que service »] et je prends un pourcentage sur les transactions qui sont effectuées sur Troops.
Mon volume d’affaires : je commercialise le logiciel Troops depuis le mois de septembre 2019 et d’ici fin 2020, nous devrions atteindre les 500 millions de volume d’affaires, en termes de transactions. 

Quels sont vos projets à court et long terme pour Troops?

Mes projets à court et moyen termes : c’est assez simple : aujourd’hui, j’ai une quinzaine de groupes d’intérim clients.
À court terme, l’objectif est de multiplier ce chiffre le mieux possible et d’accompagner mes clients avec excellence, je voudrais vraiment qu’ils soient ravis du produit que je leur mets à disposition.
À moyen terme, c’est de les accompagner sur leur structure européenne.

Pouvez-nous raconter votre parcours ?

Mon parcours : J’ai fait des études de commerce. Je viens d’un monde d’entrepreneurs (toute ma famille est entrepreneur au sens large), donc je n’ai pas eu vraiment le choix dans mon cursus scolaire, prépa HEC et école de commerce. J’ai occupé ensuite deux postes salariés dans les ressources humaines, mais, pour moi, c’était comme une formation pour créer ma boîte plus tard. 
J’ai ensuite créé un groupe d’intérim et, après la cessation de mes fonctions dans ce groupe, j’ai fondé une société d’édition de logiciels qui digitalise les groupes d’intérim. 
En effectif, aujourd’hui Troops a 45 salariés, c’est une société à taille humaine.

Parlez-nous un peu de vos récompenses

À propos des trophées : J’en ai reçu quelques-uns, mais pas tant que ça… En revanche, j’en ai eu un dernièrement qui m’a beaucoup touchée : le Trophée de la Femme d’audace 2020 des Femmes en action, remis par Le Progrès. La soirée a eu lieu à l’Hôtel Mercure de Perrache, et franchement, merci beaucoup, je suis trop fière !
Je pense que je suis loin d’être la seule à avoir beaucoup d’audace, cela fait partie des caractéristiques de la plupart des femmes d’ailleurs. 
Cela veut dire oser prendre des risques, ne pas avoir peur. 
Je suis moi-même mère de quatre enfants en garde alternée, parfois c’est un bon rythme ! Cela ne m’empêche pas de prendre des risques pour ma boîte, voire même je m’éclate à prendre ces risques.

En quoi nous sommes différents des autres ? 

Déjà, au sein de Troops, on s’amuse beaucoup, on bosse beaucoup, on veut avant tout que le client soit heureux. En fait, on nage dans le bonheur ! C’est quand même ce qui nous différencie. 
On a énormément de rigueur, on met énormément de pression pour satisfaire le client au maximum, donc on s’amuse beaucoup car il faut décharger toute cette pression. Au final, cela fait une bonne mayonnaise, ce qui nous permet d’avoir des beaux produits, efficaces et à la pointe de ce qui se fait aujourd’hui. 

La clé de mon succès : les deux choses qui m’animent, ce sont le fun et la liberté

Tant que je m’amuse et que je n’ai pas l’impression d’être en prison, tout va bien. Du coup, j’ai l’énergie nécessaire pour avancer, prendre des risques et faire ce qu’il faut pour aller en direction du succès. 

Quelles sont les demandes de vos clients ?

Mes clients ont souhaité digitaliser pour pouvoir élargir leurs créneaux horaires puisque, du coup, il est possible d’ouvrir, le jour, la nuit, le week-end, c’est l’avantage de l’intérim complètement digitalisé. Cela permet aussi de gagner en marge brute, de démultiplier les clients et les candidats. Aujourd’hui on a un logiciel qui tourne bien. On s’est lancé en septembre, le premier client qui est monté sur le logiciel se reconnaîtra ! 
Pour avoir Troops, c’est très simple, il suffit d’aller sur le site internet www.troops.fr ; sinon, vous pouvez me contacter via LinkedIn Emilie Legoff et, par réseau, vous parviendrez peut-être à avoir mon 06 (sourire). 
Le siège social de Troops se situe place Bellecour, en plein centre de Lyon, nous disposons de super locaux donc n’hésitez pas à venir nous voir. Nous avons également des bureaux un peu partout en France, et même des salariés positionnés en Europe jusqu’à Tel Aviv. »
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Info sur French Tech one Lyon St-Étienne
Lyon-St-Etienne, l’une des 13 capitales French Tech
La French Tech représente l’ensemble des start-up, scale-up et PME innovantes françaises, tous secteurs confondus. C’est un écosystème unique qui regroupe des entrepreneurs, des investisseurs, des décideurs, des community builders et les pouvoirs publics. Il existe aujourd’hui un vaste réseau de 13 capitales French Tech (dont Lyon-St-Etienne), 38 communautés French Tech en France et 48 autres implantées dans près de 100 villes à travers le monde.
L’association French Tech One Lyon Saint-Étienne, créée par les acteurs de l’écosystème start-up Tech lyonnais et stéphanois, est au service de la création, de la croissance et de l’internationalisation des start-up, scale-up et PME innovantes du territoire.
Ses locaux sont situés au cœur de son « lieu totem », H7, 70 quai Perrache Lyon 2e. Ouverture du lundi au vendredi de 9h à 18h / lafrenchtech-onelse.com

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